“Un seul poisson pêché dans un réservoir du centre de la Malaisie a réussi ce que peu de prises parviennent à faire : provoquer une vive inquiétude”, raconte, ce mercredi 30 septembre, la correspondante du Straits Times à Kuala Lumpur. Le suspect en question, précise le Malay Mail, serait un piranha pêché dans le réservoir du barrage de Klau à Pahang, à une centaine de kilomètres au nord-est de la capitale malaisienne, le 26 août :

“Cela a incité le Département des pêches à ouvrir une enquête pour essayer de déterminer si ce poisson non-indigène avait été introduit dans les eaux malaisiennes.”
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Les autorités rejettent l’hypothèse d’une implantation d’une colonie de piranhas aux abords du barrage, ajoute le Malay Mail. “La population ne doit pas céder à la panique, insistait le 17 septembre Adnan Hussain, le directeur du Département des pêches, cité par le New Straits Times. Le ministère va poursuivre sa surveillance afin de s’assurer que tout nouveau cas puisse être détecté et que les mesures appropriées soient prises.”

Sauf que le lendemain, écrit le Straits Times, “une deuxième capture dans la même zone, légèrement en amont, est venue aggraver les peurs”. Les images du premier piranha attrapé le 26 août étaient rapidement devenues virales, explique le quotidien singapourien, “suscitant des craintes quant à des attaques contre des enfants, provoquant des appels à un plus grand contrôle sur les poissons exotiques et nourrissant la peur qu’un dangereux prédateur ne se propage dans les cours d’eau locaux”. Vanakkam Malaysia, média en langue tamoule, a publié sur Facebook une vidéo sur cette deuxième découverte.

Piranha ou pacu ?

Les deux poissons ont été rejetés à l’eau. Si bien que les experts n’ont que les photos et vidéos à leur disposition. Si sur les images, ils ressemblent à des piranhas à ventre rouge, cela pourrait être aussi des pacus à ventre rouge, moins dangereux. Les deux espèces sont originaires d’Amazonie. “Mais avec une simple vidéo, nous ne pouvons pas le confirmer”, insiste Adnan Hussain auprès du quotidien The Star.

“Il y a beaucoup d’autres caractéristiques qu’il nous faudrait identifier, notamment sa morphologie, ses écailles et ses dents. Par conséquent, nous ne pouvons pas confirmer s’il s’agit réellement d’un piranha ou d’un pacu.”

Les piranhas avec leurs dents acérées “sont depuis longtemps des incontournables des films d’horreur”, rappelle The Straits Times. “Désormais, à Pahang, ce mystère amène les habitants à se demander si le cauchemar hollywoodien n’est pas devenu réalité.”

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Reste que pour Intan Faraha A. Ghani, maître de conférences à l’Universiti Selangor Malaysia interrogée par le Straits Times, si la présence de piranhas était confirmée, “la première inquiétude serait l’impact écologique plutôt qu’un éventuel danger pour les humains”. Ces poissons “sont rarement à la hauteur de leur réputation hollywoodienne” et, tout comme les requins, ils ont tendance à éviter les humains, qui ne font pas partie de leur chaîne alimentaire. La principale menace serait celle sur les poissons indigènes. Mais, conclut The Straits Times, “tant qu’un autre spécimen n’aura pas été capturé et correctement analysé, le mystère des piranhas du barrage de Klau restera entier”.