Parler avec Vladimir Poutine ? La question, sulfureuse mais, à terme, probablement inévitable, est de nouveau posée par les Européens. A la fois échaudés par leurs mauvaises expériences et désireux de prendre leur place dans une conversation dont Washington et Moscou les ont jusqu’ici délibérément exclus, ils l’abordent pas à pas, avec les moyens du bord, sachant le terrain miné.
Le moment est crucial, à la veille de trois rendez-vous diplomatiques importants : le G7 à Evian (Haute-Savoie) du 15 au 17 juin, un Conseil européen dans la foulée les 18 et 19 juin à Bruxelles et le sommet de l’OTAN, à Ankara, les 7 et 8 juillet.
La guerre en Ukraine dure maintenant, dans sa forme la plus dévastatrice, depuis près de quatre ans et demi, soit plus longtemps que la première guerre mondiale. L’économie russe commence à marquer le pas. Sur le terrain militaire, Kiev non seulement tient la puissante Russie en échec, mais sa maîtrise de la technologie inflige à cette dernière des pertes humaines considérables sur le front et permet à l’armée ukrainienne d’atteindre des cibles en profondeur en territoire russe.
L’avantage pourrait n’être que passager, car la Russie a su montrer par le passé ses capacités de résilience et de régénération, mais il peut aussi créer une dynamique dont Kiev et les Européens voudraient tirer parti sur le plan diplomatique, alors que l’administration Trump est accaparée par un autre théâtre de guerre, au Moyen-Orient. « Politiquement, militairement et économiquement, l’Ukraine est dans la situation la plus favorable depuis le début de la guerre », a affirmé, mardi 9 juin, le président finlandais, Alexander Stubb, en marge d’un sommet des huit pays nordiques et baltiques. C’est l’Europe qui finance à présent la quasi-totalité de l’aide à Kiev.
« Phase de réorientation »
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