Rien ne va plus entre Tokyo et Pékin depuis la déclaration, en novembre dernier, de la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, qui n’a pas exclu une éventuelle intervention militaire du Japon dans le dossier taïwanais.
Le 19 juillet, des navires de la marine chinoise ont effectué un exercice de tirs à la mitrailleuse à 180 kilomètres au sud-ouest de l’île Okinotori, un atoll situé au sud de Tokyo, dans la zone économique exclusive (ZEE) du Japon, rapporte la chaîne publique NHK. Les autorités japonaises ont également confirmé qu’une frégate russe se trouvait dans ces eaux au moment de l’exercice.
Craignant pour la sécurité des navires qui fréquentent la zone, le gouvernement japonais a “pris contact” avec la Chine par le canal diplomatique tout en poursuivant les opérations de surveillance. “Il s’agit sans doute d’un exercice visant à renforcer la coordination entre la marine russe et la marine chinoise”, commente Minoru Kihara, porte-parole du gouvernement nippon.
Le Japon cherche l’accalmie
Côté chinois, on considère l’atoll non comme une île mais comme un simple rocher. Selon Pékin, la zone où l’exercice a eu lieu n’appartient donc pas à la ZEE japonaise. “La réaction japonaise n’a aucun sens, tranche Lin Jian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, cité par le journal économique Meiri Jinji Xinwen. Tokyo fait beaucoup de bruit pour stigmatiser les opérations légales des autres pays […] dans le but d’accélérer dans la remilitarisation.”
Les tensions entre Tokyo et Pékin ne montrent aucun signe d’accalmie, alors même que la Chine reste un partenaire essentiel pour l’économie nippone. Préoccupé par cette situation, le Parti libéral-démocrate (PLD, conservateur) au pouvoir a organisé des séminaires sur les relations sino-japonaises début juillet, rapporte le quotidien Mainichi Shimbun.
Selon ce dernier, 70 députés et sénateurs de la formation y ont assisté. “La Chine reste un pays voisin. Les rapports avec elle sont une question centrale pour la diplomatie japonaise”, a lancé l’ancien ministre de la Justice Ryuji Koizumi. “Il est désormais essentiel d’éviter l’aggravation des tensions”, confirme sous le couvert de l’anonymat un autre ancien ministre cité par le quotidien japonais.
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