Des agents fédéraux du ministère de la Sécurité intérieure ont perquisitionné le domicile de Washington de la députée Ilhan Omar, le 12 octobre, soit “le dernier épisode en date du conflit de longue date qui oppose l’administration Trump à cette députée progressiste qui est aussi la première femme américaine d’origine somalienne à siéger au Congrès de Washington”, souligne le quotidien USA Today.
Cette élue démocrate de Minneapolis, dans le Minnesota, qui est candidate à sa réélection le 3 novembre, est “ciblée depuis des années par le président Donald Trump”, rappelle le journal. Certains des soutiens du locataire de la Maison-Blanche, dont des élus républicains, vont même plus loin “et appellent à ce qu’Ilhan Omar soit déchue de sa citoyenneté américaine et expulsée du pays”. De hauts responsables du gouvernement Trump ont également à plusieurs reprises “émis à son égard des accusations non fondées de fraude en matière d’immigration, ce que nie l’intéressée”, rappelle USA Today.
Il faut dire qu’Ilhan Omar, “une réfugiée aux États-Unis, née en Somalie, musulmane, et fer de lance du ‘squad’”, l’“escouade”, ce groupe d’élues progressistes au Congrès de Washington à laquelle appartient aussi la députée de New York Alexandria Ocasio-Cortez, a tout pour déplaire à Donald Trump.
Tout un symbole
Le locataire de la Maison-Blanche en a donc fait “un symbole de cette immigration qu’il entend juguler”, souligne le quotidien américain, qui rappelle que le président américain fait aussi “une fixation sur la communauté somalienne de Minneapolis, depuis la révélation d’un vaste scandale de fraude aux aides sociales de l’État du Minnesota”.
De son côté, la députée Ilhan Omar n’a pas attendu pour dénoncer sur les réseaux sociaux une tentative d’intimidation à l’approche des élections de mi-mandat, rapporte de son côté le Los Angeles Times. L’élue démocrate s’est notamment offusquée de cette perquisition sur la plateforme X, soulignant :
“Depuis dix ans, Trump me prend pour cible avec des mensonges sans fondement et des campagnes de dénigrement. Ce n’est que la dernière escalade en date de sa campagne d’intimidation politique. Je ne me laisserai pas réduire au silence.”
Elle a été rejointe par d’autres élus du Congrès qui ont volé à sa rescousse, s’étonnant que cette perquisition intervienne si peu de temps avant les élections législatives de mi-mandat, qui auront lieu le 3 novembre et doivent déterminer la future majorité à la Chambre des représentants et au Sénat de Washington. Et ce alors que la tradition veut que le ministère de la Justice et les autorités fédérales “s’abstiennent habituellement de mener ce genre de perquisitions à l’approche immédiate d’un scrutin”, note le journal.
Dans un communiqué commun, le chef de file de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, et d’autres figures du Parti démocrate ont ainsi dénoncé une campagne ad hominem contre l’élue, souligne le quotidien californien.
“Depuis des années, Donald Trump et l’extrême droite s’en prennent sans relâche à la députée Ilhan Omar par des attaques personnelles ignobles et des accusations sans fondement”, écrivent-ils. Aujourd’hui, moins de trente jours avant les midterms, le bras armé de “sa violente machine à expulser en masse s’est abattu sur le domicile de cette membre du Congrès, dûment élue, et sur sa famille”, déplorent-ils dans ce communiqué.
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