Pierre Cassou-Noguès explore nos frontières mouvantes dans «Trait de côte»
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Dans IDÉES, le magazine dédié à celles et ceux dont la curiosité est insatiable, Pierre-Édouard Deldique reçoit cette semaine un philosophe singulier, Pierre Cassou-Noguès. Professeur de philosophie à l’université Paris-8, membre de l’Institut universitaire de France, cet intellectuel est aussi un sportif, cycliste à ses heures. Et des heures, il en a passé sur sa bicyclette pour longer le littoral français. Il nous propose un récit de son périple, à la fois livre de voyage, de nature, de philosophie. Avec Trait de côte (Philosophie magazine éditeur).
Des Landes à la Bretagne, Pierre Cassou‑Noguès poursuit son travail singulier : penser le réel à partir de ses zones de friction. Cette fois, il s’attarde sur la côte, ce bord instable où la terre rencontre la mer — un lieu banal en apparence, mais qui devient sous sa plume un véritable laboratoire philosophique à l’heure où l’océan grignote allégrement le littoral, notamment en Charente-Maritime.
La côte, rappelle Cassou‑Noguès, n’est jamais fixe. Elle avance, recule, s’effrite, se reconstruit. Elle oblige à composer avec l’incertitude. En observateur attentif, il transforme cette instabilité en concept : le « trait » n’est pas une ligne nette, mais une zone vivante, un espace où se négocient sans cesse nos manières de percevoir et de raconter le monde.
Au micro et dans le livre, il navigue entre récit, observation et réflexion théorique. Cassou‑Noguès décrit des paysages, des gestes, des micro‑événements. Il montre comment ils nourrissent un imaginaire : celui des frontières, des bords, des mondes qui se touchent. La côte devient ainsi un lieu où se fabriquent des histoires, des peurs, des projections — un espace où l’on pense autant qu’on regarde.
Sans céder au catastrophisme, Trait de côte s’inscrit dans les préoccupations écologiques contemporaines.
L’auteur y défend une écologie de l’attention : regarder ce qui change, ce qui s’efface, ce qui apparaît. Une manière de rappeler que les transformations du monde ne se jouent pas seulement dans les grands récits, mais aussi dans ces traits fragiles qui dessinent nos paysages.
Bref, un livre bref, précis, qui propose une autre façon de comprendre nos limites — et d’habiter un monde où elles ne cessent de bouger. Un livre aussi sur une certaine conception de la philosophie : « ne pourrait-elle pas consister dans des gestes, des formes de vie, plutôt que dans des énoncés ? » s’interroge-t-il.
Programmation musicale :
- Kerlann - Yann Tiersen
- Dolores - Yann Tiersen
- Vélo vole - Dick Annegarn
- 8 - Yann Tiersen.
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