Planisphère [1]. Comment comprendre la Russie de Vladimir Poutine ? Avec Clémentine Fauconnier
Lien direct vers cette émission sur RCF Notre Dame, avec possibilité de récupérer l’iframe. Pensez à partager sur les réseaux sociaux, c’est fait pour. Merci
Cet épisode de Planisphère sur Spotify
Planisphère. Comment comprendre la Russie de Vladimir Poutine ? Avec Clémentine Fauconnier. Synthèse relue et validée par C. Fauconnier
Poutine : populisme trompeur et autoritarisme conservateur
Clémentine Fauconnier met en garde contre l’usage du terme « populiste » pour qualifier Vladimir Poutine. Bien que le dirigeant russe présente certains traits associés au populisme : revendiquer une conception verticale du pouvoir, un culte du chef, et une vision simpliste du monde – l’expression est jugée réductrice et trompeuse. L’invitée lui préfère les notions d’« autoritarisme » et d’« autoritarisme conservateur », qu’elle estime plus appropriées.
Elle souligne que ce conservatisme d’État est récent, marquant un « tournant conservateur » en 2012 [2]. Auparavant, dans les années 2000, Vladimir Poutine et son entourage se définissaient comme pragmatiques et centristes, rejetant les questions idéologiques au profit de la restauration de la grandeur du pays et de l’amélioration des conditions de vie. Ce n’est qu’à partir de 2012 que les dirigeants russes ont revendiqué un programme idéologique clair, s’appuyant sur les valeurs dites traditionnelles.
Une puissance fragmentée et aux alliances nuancées
Contrairement à l’idée d’une Russie isolée ou d’un « État paria », Clémentine Fauconnier nuance son positionnement international. Elle rappelle la doctrine Primakov, élaborée avant Poutine, qui visait à faire de la Russie une puissance de premier plan dans un monde multipolaire, intégrée (via le G8, le G20 et l’OMC) mais souveraine. Après la guerre d’agression russe contre l’Ukraine en 2022, la rupture avec l’Occident devient quasi consommée, mais la Russie a redistribué ses forces et ses échanges vers l’Asie de l’Est (notamment la Chine) et le Sud global.
Sur Spotify
Planisphère. Comment comprendre la Russie de Vladimir Poutine ? Avec Clémentine Fauconnier
D’un clic, abonnez-vous et partagez.
Les votes à l’ONU révèlent que les pays soutenant fermement la Russie sont peu nombreux (environ 10 %). Si la condamnation de l’invasion de l’Ukraine tend à décroître, cela ne se traduit pas par un soutien mécanique à la Russie, mais plutôt par une prudence et un attentisme, avec de nombreux pays s’abstenant ou étant absents lors des votes.
L’invitée souligne enfin que les relations de la Russie avec son « étranger proche » (les ex-républiques soviétiques) sont complexes et marquées par un recul continu de l’influence russe. Les pays Baltes ont refusé d’intégrer la CEI et ont rejoint l’Union européenne et l’OTAN dès 2004. Des pays comme la Géorgie, l’Ukraine et la Moldavie sont candidats à l’UE, tandis que le Kazakhstan et l’Arménie prennent leurs distances avec Moscou. La Géorgie est depuis quelque temps retombée sous la coupe de Moscou et sa candidature à l’UE est suspendue.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !