“Après dix jours de manifestations”, le gouvernement de Sébastien Lecornu “tente dans l’urgence d’apaiser la colère” des jeunes, observe The Guardian.
“Pour contenir les manifestations étudiantes qui ont donné lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre”, le ministère de l’Éducation nationale va “déployer des milliers d’enseignants supplémentaires dans les écoles en sous-effectif”, rapporte l’agence Bloomberg.
Après s’être entretenu avec des lycéens et des enseignants à Reims jeudi 8 octobre, le ministre de l’Éducation Édouard Geffray a annoncé dans la soirée que 3000 professeurs remplaçants allaient rapidement arriver dans les lycées où la situation l’exige et que le gouvernement déposerait des amendements au projet de budget pour prendre en compte certaines demandes des lycéens.
“Grâce à un logiciel que j’ai demandé il y a un an, on a pu, en ce début d’année (...), identifier les établissements qui sont dans des situations que je qualifierais de très problématiques. Il y a 114 lycées dont je dirais qu’ils sont rouges, et 400 qui sont orange”, a expliqué le ministre au journal de TF1. “On a 3000 professeurs remplaçants qui actuellement ne sont pas devant l’élève. Dans les prochaines heures, ils vont rejoindre ces établissements”, a-t-il ajouté. Geffray a par ailleurs indiqué qu’il allait “autoriser les recteurs à recruter plus que ce qui est notamment autorisé”, ce qui représentera “quelques centaines” de professeurs supplémentaires.
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Je m’abonneInterrogé sur le coût de cette mesure, le ministre a estimé que cela représentait “plusieurs dizaines de millions d’euros” cette année. Comme Sébastien Lecornu mercredi, le ministre a aussi évoqué la plateforme de concertation pour les lycéens mise en ligne depuis lundi soir, qui permet aux élèves de “faire part de toutes leurs demandes” et “de leurs inquiétudes”. “Leur parole va être entendue et nous en tirerons des conséquences aussi dans le projet de budget”, a-t-il assuré en soulignant que c’était “la première fois que nos lycéens auront un effet sur le budget de l’éducation nationale”.
Des manifestations “de moindre ampleur” mais “bruyantes”
“Bien que les autorités ont estimé que les manifestations [de jeudi] étaient de moindre ampleur que celles de mardi, elles sont néanmoins restées massives et bruyantes”, relate The New York Times. Au total, 71 500 personnes sont descendues dans la rue en France, dont 24 500 à Paris, pour cette nouvelle journée de mobilisation des lycéens, a indiqué le ministère de l’Intérieur.
El País voit dans ces nouvelles manifestations, “soutenues à Paris par les universités et d’autres secteurs”, le signe que “l’intervention télévisée du Premier ministre Sébastien Lecornu, mercredi soir, n’a pas convaincu”.
“Malgré une participation plus faible, le gouvernement ne peut prendre à la légère la mobilisation d’aujourd’hui, qui a laissé derrière elle une image marquante : une place de la Bastille [à Paris], entièrement envahie par les manifestants”, remarque le quotidien espagnol ABC. Les jeunes “sont montés sur la colonne qui se trouve en son centre – qui commémore la révolution de juillet 1830 –, tout en brandissant le drapeau tricolore et en chantant La Marseillaise”, raconte The Guardian. “À la tombée de la nuit, les forces antiémeutes ont tiré des gaz lacrymogènes et des projectiles de dispersion, tout en multipliant les charges à coups de matraque pour disperser les manifestants. Certains d’entre eux ont lancé des bouteilles, des pavés et d’autres projectiles en direction des unités lourdement équipées”, relate le quotidien britannique.
Les émeutes urbaines étaient “en recrudescence” jeudi, observe Bloomberg, “plusieurs incidents graves ayant été signalés dans des villes comme Poitiers, Toulouse et Saint-Étienne”. Au total, 504 interpellations ont été réalisées et 48 policiers et gendarmes ont été blessés jeudi, selon Beauvau.
“De nombreux manifestants se sont dits indignés par les vidéos de violences policières contre des lycéens qu’ils avaient vues en ligne”, raconte The New York Times. “En France, nous avons l’habitude de voir la police frapper des gens, mais il s’agit généralement d’adultes. Là, ce sont des enfants”, a déclaré au quotidien américain Kerra Underwood, une étudiante en psychologie de 20 ans, présente place de la Bastille.
Jeudi, les manifestants ont aussi continué de “réclamer des financements supplémentaires pour les établissements scolaires dont les bâtiments sont vétustes”, explique The Times. Sabrine Kharbach, dirigeante d’un syndicat lycéen, a notamment déclaré que la mobilisation se poursuivrait “tant que 10 milliards d’euros n’auront pas été mis sur la table”.
“Une demande à laquelle le gouvernement semble peu susceptible d’accéder, compte tenu de l’envolée de la dette française”, observe The Times.
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