Le président américain, Donald Trump, haussant le ton après la présidentielle au Brésil remportée par le président sortant de gauche Luiz Inacio Lula da Silva, a qualifié jeudi 29 octobre le scrutin de « honteux ». « Cette élection est une honte pour le peuple brésilien », a affirmé le président américain pendant un échange avec la presse, en parlant aussi d’une « situation honteuse ».
Le candidat conservateur défait, Flavio Bolsonaro, qui est arrivé aux Etats-Unis mercredi après avoir fui le Brésil, refuse de reconnaître le résultat du vote. Fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, allié de Donald Trump, ce sénateur a dénoncé une « fraude électorale » et dit vouloir diriger l’opposition depuis le sol américain.
Dans un communiqué adressé « au peuple brésilien et à la communauté internationale » publié sur ses réseaux sociaux, Flavio Bolsonaro s’est dans un premier temps présenté comme le « véritable président » du Brésil. Mais quelques minutes plus tard, dans une nouvelle version du texte, il s’est décrit comme le « leader » de son pays.
Sous le coup de plusieurs enquêtes au Brésil, le fils Bolsonaro a atterri avec sa famille dans un aéroport de Floride, au terme d’une fuite rocambolesque via l’Argentine et l’Equateur. Ils ont été admis sur le sol américain « conformément aux lois et procédures d’immigration en vigueur », ont fait savoir les autorités.
L’homme politique et sa famille s’étaient vu accorder des visas par l’administration de Donald Trump. « Je pense que ce sont des gens très bien », a déclaré le président américain avant leur atterrissage, disant qu’il « approuverait » leur venue aux Etats-Unis. « L’élection a été très étrange, et j’ai trouvé cela terrible », avait-il ajouté. Le républicain avait ensuite affirmé qu’il « ne se mêlerait pas » de ce qui concerne Flavio Bolsonaro.
« C’est seulement le début de notre lutte pour la démocratie, les droits humains et la liberté au Brésil », a promis l’intéressé dans son communiqué, se comparant au général de Gaulle qui a « dirigé la France libre depuis Londres » lors de la seconde guerre mondiale. Il a aussi tenu à remercier Donald Trump ainsi que le président de l’Argentine, Javier Milei, sans préciser en détail le rôle de chacun dans sa fuite.
Flavio Bolsonaro, un « lèche-botte », selon Lula
Flavio Bolsonaro avait promis lundi de se plier à un ordre judiciaire qui le sommait de remettre ses passeports aux autorités. Mais il ne l’a pas fait et ses documents ont été annulés mardi, y compris le passeport diplomatique qu’il détenait en tant que parlementaire. Il possède aussi la nationalité italienne depuis 2023.
Il est notamment suspecté de corruption et de blanchiment d’argent dans le financement d’un film sur son père, actuellement assigné à résidence pour tentative de coup d’Etat. Il nie toute irrégularité. La police brésilienne a précisé mercredi qu’il n’était pas considéré comme un fugitif.
Une fuite de Flavio Bolsonaro hors du Brésil serait « honteuse », avait estimé mardi Lula. « Le Brésil, c’est sa seconde patrie. La première, c’est de lécher les bottes des Etats-Unis », a-t-il fustigé lors de la célébration de ses 81 ans, à Brasilia.