Son père lui a transmis son nom, son courant politique et désormais son projet présidentiel. À quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle brésilienne qui aura lieu le 4 octobre, Flávio Bolsonaro, fils de Jair Bolsonaro, s’impose comme le principal adversaire de Lula, le président sortant.

Les deux hommes seraient même au coude à coude en cas de second tour, selon le quotidien Folha de São Paulo. Son arrivée potentielle à la présidence du pays amène à s’interroger, tant Flávio Bolsonaro semble jusqu’ici marcher dans les pas de son père, aujourd’hui condamné à 27 ans de prison pour avoir orchestré un coup d’État.

À lire aussi : Politique. Au Brésil, le dangereux attrait du modèle Bukele sur les candidats de droite à la présidentielle

“Moins exubérant et moins charismatique que son père”, selon El País, Flávio Bolsonaro se présente surtout comme “le plus modéré” de sa famille, sûrement pour atténuer “le rejet brutal que peut susciter son père”, précise le quotidien madrilène. Une attitude qui lui vaut même les moqueries du journal conservateur brésilien O Estado de S. Paulo, qui le qualifie de candidat “insignifiant”. Pour autant, rappelle Foreign Policy, c’est bien lui que Jair Bolsonaro a officiellement désigné comme son “successeur politique” alors qu’il purge une peine de 27 ans de réclusion pour sa tentative de coup d’État.

“La même recette que son père”

Tout au long de sa carrière, le candidat conservateur, âgé de 45 ans, a appliqué “la même recette que son père, dans un emballage moins agressif”, note El País. Une image travaillée qui n’efface pas pour autant les controverses qui l’entourent, notamment une enquête pour corruption et blanchiment d’argent ainsi que des liens controversés avec certains membres des milices de Rio, lorsqu’il en était député.

Présidentielle brésilienne : quels enjeux ?

Terres rares, agrobusiness, poids des évangéliques, ingérence américaine et dépendance chinoise : jusqu’au dimanche 4 octobre, date du premier tour de la présidentielle brésilienne, Courrier international décrypte les enjeux d’une élection dont les favoris sont Lula, 80 ans, candidat à sa réélection, et Flávio Bolsonaro, 45 ans, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, condamné à vingt-sept ans de prison.

À l’instar de son père, Flávio Bolsonaro fait campagne sur les questions de sécurité intérieure, principale préoccupation des Brésiliens. Parmi les mesures phares de son programme : la castration chimique pour les violeurs, l’abaissement de l’âge de la responsabilité pénale de 18 à 16 ans, ou encore la création de 500 000 nouvelles places de prison. Le candidat d’extrême droite propose également la construction de cinq nouvelles prisons, sur le modèle de celles du Salvador, et préconise d’“abattre les criminels armés”.

Sur le plan international, Flávio Bolsonaro suit encore une fois les pas de son père, proche de Donald Trump. Il a notamment “promis de renforcer les relations américano-brésiliennes” et entend rejoindre le Bouclier des Amériques, l’initiative militarisée de président américain contre le crime organisé, rapporte Foreign Policy.