La presse internationale évoque des “mesures d’urgence” (The Daily Telegraph) destinées à “protéger les consommateurs de la flambée des prix de l’énergie” (Politico). Mardi 22 septembre, le gouvernement français a annoncé un paquet de mesures mobilisant environ 450 millions d’euros pour aider les usagers les plus durement touchés par la flambée des prix à la pompe.
“Nous entendons les inquiétudes des Français, qui parfois s’expriment sous la forme d’une colère”, a notamment déclaré le ministre de l’Économie Roland Lescure. Il a parlé de situation “très dure”, avant d’annoncer que les aides ciblées pour les pêcheurs, les agriculteurs et le secteur du BTB sont prolongés jusqu’au 31 décembre. Les aides aux grands rouleurs sont, en plus d’être prolongées, désormais élargies à 5 millions de personnes, contre 3,3 millions précédemment. Les chèques énergie sont quant à eux avancés d’avril à janvier. Et les conditions de revenus ont été étendues à un nombre de bénéficiaires potentiels plus élevé.
Soulager les souffrances des électeurs
Selon le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, en 2026, les aides au carburant mobiliseront 1,4 milliard d’euros au total sur l’année. Les nouvelles mesures ne devraient rien changer à cette estimation en termes budgétaires. Car, pour l’instant, seulement 800 millions d’euros d’aide auraient été réclamés, selon son cabinet.
“Depuis le mois de mars, la France préfère lutter contre l’augmentation des prix de l’énergie en accordant des aides ciblées pour les carburants plutôt que de réduire les taxes, ce qui aurait probablement aggravé les sombres perspectives de son budget”, rappelle Politico. Pour agir, le gouvernement ne dispose que d’une petite marge de manœuvre. Mais l’élection présidentielle d’avril “incite les responsables politiques à dépenser davantage pour renflouer l’économie et soulager les souffrances des électeurs.”
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Je m’abonnePourtant aucune mesure ne changera quoi que ce soit à la raison profonde de la crise : la guerre en Iran, qui continue de perturber le trafic dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite normalement 20 % du marché mondial du pétrole, explique encore Politico.
Achats de panique
L’Hexagone, affirme le Daily Telegraph, affronte “une crise des carburants : le prix du diesel atteint des records et les stations-service commencent à être à sec. […] La population panique et achète tout ce qu’elle peut”, écrit le quotidien londonien. “1 500 stations-service, soit 15 % des stations-service françaises, n’ont plus la moindre goutte de carburant, mais le problème est bien plus grave”, annonce de son côté Diario Noticias à Lisbonne. “Et il n’y a pas de lumière au bout du tunnel”, ajoute le quotidien portugais.
Le président de la République s’active au niveau international. Dans une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, il demande un assouplissement des normes européennes sur la production et l’import, rapporte notamment le Financial Times. “Pour Emmanuel Macron, explique Blick en Suisse, l’urgence est de calmer la montée des colères liée aux prix du carburant. Il redoute le retour de son pire cauchemar politique : les “gilets jaunes” de l’hiver 2018-2019.”
Une nouvelle crise en France ne ferait que favoriser le vote des extrêmes, souligne Richard Werly sur le site du média de Zurich. Le président français n’a pas le choix : il doit discuter avec le président américain des moyens à mettre en œuvre pour stabiliser les cours, “parce que c’est de Trump que dépend aujourd’hui le prix mondial du pétrole.”
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