“Le dynamitage d’un gazoduc constitue-t-il un crime de guerre, ou la riposte légitime d’un pays agressé ?” Cette question est au cœur du procès qui s’est ouvert le mercredi 14 octobre à Hambourg, affirme la Süddeutsche Zeitung. Sur le banc des accusés : l’ex-militaire ukrainien Serhiy Kuznietsov, soupçonné d’avoir dirigé le commando responsable du sabotage des gazoducs Nord Stream 1 et 2, le 26 septembre 2022. Et pour le quotidien de gauche, la procédure qui le vise est sans doute le “procès à plus gros enjeu politique de l’année”.

“Le dynamitage des pipelines [reliant l’Allemagne à la Russie via la mer Baltique], il y a quatre ans, est le pire acte de sabotage subi par la république fédérale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale”, analyse le journal économique Handelsblatt. En raison de la guerre en Ukraine, l’approvisionnement allemand en gaz russe avait, certes, déjà été interrompu avant l’explosion des conduites sous-marines. Mais l’incident avait tout de même considérablement réduit la marge de manœuvre de la première économie européenne, en pleine crise énergétique.

Aujourd’hui, l’affaire est “explosive”. Car Berlin est aussi le principal soutien de l’Ukraine, à qui il fournit une aide financière et militaire. Mené par Friedrich Merz, le gouvernement des conservateur