Après leur offensive contre les forces gouvernementales du Yémen et leur allié saoudien cet été, les houthistes ont étendu au mois de septembre leur contrôle à l’ensemble du littoral yéménite de la mer Rouge, jusqu’au détroit de Bal Al-Mandab. Cette voie maritime stratégique, par laquelle transite une part importante du commerce mondial, confère au groupe un levier d’influence régional dans le conflit qui oppose son allié iranien aux Etats-Unis et à Israël.
Mais qui sont les houthistes ? Et comment ce mouvement politico-militaire qui a émergé dans les années 1990 s’est-il imposé comme un acteur incontournable du Moyen-Orient ?
Qui sont les houthistes ?
Tirant leur nom du clan familial des Al-Houthi, les houthistes désignent un mouvement politico-militaire qui s’est développé dans les années 1990, dans le nord du Yémen, à proximité de l’Arabie saoudite. A l’inverse d’une partie de la population yéménite qui est d’obédience sunnite, les houthistes se réclament du zaïdisme, une branche minoritaire de l’islam chiite essentiellement implantée dans le pays.
Nostalgiques de l’imamat zaïdite, un régime politico-religieux longtemps en place au Yémen du Nord qui a pris fin après la révolution républicaine de 1962, les houthistes partagent l’idée d’un renouveau de l’identité culturelle zaïdite. Une identité qui, selon eux, a été effacée par le pouvoir central, en particulier après l’unification du Yémen en 1990. Les houthistes se structurent alors autour des sentiments de marginalisation et de discrimination, d’une perte d’influence aussi bien politique, sociale et économique que religieuse. Ils perçoivent en effet comme une menace la diffusion de courants sunnites rigoristes, tels que le wahhabisme venu d’Arabie saoudite.
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