A Marseille, les proches du rappeur et cinéaste El Mahdi Lyoubi (plus connu sous son nom d’artiste, Mehdi Black Wind) ont retrouvé le sourire. Vendredi 31 juillet en fin de matinée, la justice marocaine a accédé à la demande de mise en liberté provisoire de l’artiste, poursuivi pour « outrage à une institution constitutionnelle », une accusation passible de six mois à deux ans d’emprisonnement. Refusant de se défendre en l’absence de ses avocats, alors que leur grève entre dans sa septième semaine au Maroc, il a obtenu également le report de son procès, renvoyé au 2 octobre.
Certains de ses soutiens voient dans cette remise en liberté un geste destiné à apaiser les tensions dans un contexte particulièrement sensible, marqué par les tentatives massives de traversée vers Ceuta, où des milliers de jeunes Marocains cherchent à rejoindre l’enclave espagnole, mais aussi par un malaise plus large lié aux atteintes à la liberté d’expression et au manque de perspectives pour une partie de la jeunesse du pays.
En milieu d’après-midi, le musicien a quitté la prison d’Oukacha, à Casablanca, où il était détenu depuis le 15 juillet. « Merci à tous pour votre soutien, merci aux journalistes. Je viens de sortir d’Oukacha, il n’y a rien à dire de plus », a-t-il sobrement déclaré, en étreignant ses amis et ses soutiens, avant de s’engouffrer dans une voiture. Une dernière incertitude demeure : l’interdiction de quitter le territoire prise à son encontre le 10 juillet, lorsqu’il s’apprêtait à embarquer sur un vol retour vers la France, à l’aéroport de Rabat-Salé, est-elle toujours en vigueur ? Ou peut-il regagner la France dans l’attente de son procès ?
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