Expert renommé du système politique russe, Alexandre Kynev avait décidé de rester dans son pays pour observer les manipulations électorales du Kremlin. Il venait de critiquer fraudes et pressions durant les législatives qui se sont tenues du 18 au 20 septembre, les premières depuis l’invasion de l’Ukraine. Vendredi 25 septembre, la Commission électorale a officiellement annoncé la victoire de Russie unie : le parti du Kremlin obtient plus des trois quarts des sièges de députés à la Douma, un record. Ce même jour a été annoncée l’arrestation d’Alexandre Kynev, 51 ans, poursuivi pour « trafic de drogue ». Il plaide non coupable mais encourt jusqu’à vingt ans de prison.
Sur sa chaîne Telegram, suivie par quelque 20 000 abonnés, Alexandre Kynev avait analysé ces législatives gagnées d’avance par le Kremlin. Il estimait le taux de participation réel à 40 % (et non 60 %) et le résultat du parti au pouvoir, Russie unie, à seulement 35 %.
Dans un message plus personnel, mardi 22 septembre, le politiste, invité régulier des think tanks occidentaux dont l’Institut français des relations internationales à Paris, se disait « épuisé après quatre mois d’efforts acharnés, passés à mener cette observation électorale dans la solitude ». Cible « d’insultes et de harcèlement », il affirmait que « pendant toute la campagne, toutes sortes de belles âmes, sans parler des simples trolls, [lui] sont tombées dessus ».
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