Le canal de Panama, par lequel transite environ 6 % du commerce maritime mondial, est confronté à un défi de plus en plus pressant : la disponibilité de l’eau douce nécessaire au bon fonctionnement de ses écluses. Les dernières prévisions de l’Institut de météorologie et d’hydrologie du Panama (Imhpa), rapportées par La Estrella de Panamá, font état d’une baisse de 60 % des précipitations dans la région du Pacifique en raison du phénomène El Niño ainsi que d’une forte irrégularité des pluies, dans le pays, depuis le début de la saison humide en mai.

Si El Niño n’est pas directement imputable au réchauffement climatique d’origine anthropique, son retour en force, cette année, rappelle la vulnérabilité croissante du passage stratégique entre les océans Pacifique et Atlantique, dans une région où les saisons sèches ont tendance à s’allonger, menaçant directement les ressources en eau.

C’est dans cette optique que l’Autorité du canal de Panama (ACP), organisme public chargé de l’exploitation de la voie navigable, prévoit, à partir de 2028, de construire le lac de retenue de Río Indio. Le projet, dont les prémices remontent déjà aux années 1930 afin d’anticiper les besoins en eau, repose sur la construction d’un immense réservoir de 4 600 hectares, qui barrerait le fleuve Indio, situ