En direct Lundi 28 Septembre 2026
Culture

Robert Lodimus : LES TIGRES SONT ENCORE LÂCHÉS (Chapitre VI)

LES TIGRES SONT ENCORE LÂCHÉS (Essai, Éditions Nemours, 2017, 300 pages) ___________ __________________________________ Chapitre VI _________________ Élections frauduleuses en Haïti : Monsieur l’ambassadeur, ça ne passe pas : sinon ça casse ! « Notre plus grande gloire n’est point de tom

Robert Lodimus : LES TIGRES SONT ENCORE LÂCHÉS (Chapitre VI)
HaitiCreoleRadio.com

28 septembre 2026
Robert Lodimus : LES TIGRES SONT ENCORE LÂCHÉS (Chapitre VI)
Actualités Culture

Robert Lodimus : LES TIGRES SONT ENCORE LÂCHÉS (Chapitre VI)

  • by Rezo Nodwes
  • 28 septembre 2026
  • 0 Comments

    Monsieur l’ambassadeur, ça ne passe pas : sinon ça casse !

 « Notre plus grande gloire n’est point de tomber, mais de savoir nous relever chaque fois que nous tombons. »

     De passage au Canada, un individu nous a expliqué qu’au second tour des élections présidentielles en Haïti, il soutient astucieusement les deux derniers candidats qui restent dans la course. Il apporte une contribution financière à parts égales à l’un et à l’autre. « Je gagne à tous les coups; il s’agit d’un placement habile qui, dans tous les sens, me rapporte gros », lâchait-il en s’esclaffant. Dans la pratique haïtienne, le financement privé ne provient pas de modestes contributions populaires, mais des milieux très restreints de la bourgeoisie compradore composée de femmes et d’hommes d’affaires puissants,  ainsi que d’autres secteurs de l’élite économique. Ces donateurs mystérieux et louches financent ordinairement les campagnes de plusieurs candidats concurrents à la fois. Ce « jeu coquin » leur garantit d’avoir l’oreille du vainqueur, peu importe le résultat du scrutin. C’est par ces moyens détournés que les vautours capitalistes parviennent à capturer et à asservir l’État bourgeois, de telle manière que les politiques publiques répondent d’abord à leurs intérêts claniques plutôt qu’à ceux de la population en général. Bien que le Décret électoral prévoie des enveloppes de subvention massives, la distribution effective de cet argent est souvent critiquée dans les médias locaux. Il faut ajouter aussi que les critères d’éligibilité excluent, rejettent, écartent d’embler les candidats indépendants. Le Conseil Électoral Provisoire (CEP) manque historiquement de moyens techniques, humains et financiers pour auditer les comptes des campagnes et faire appliquer les sanctions prévues, imposées et exigées par la Loi.

     En parlant de cette pratique bizarre de financement occulte de plusieurs candidats au même poste électif, nous pensons à Charles Aznavour qui a déclaré ingénieusement : « Que j’aille au paradis ou en enfer, cela m’est égal. J’ai des amis des deux côtés.» Le chanteur militant d’origine arménienne soutenait une position de « neutralité religieuse » fondée sur les principes de la laïcité.  Il n’était pas guidé par l’opportunisme du « Renard roux » qui caractérise les éléments de la petite bourgeoisie intellectuelle d’Haïti, dont la plupart roulent leur bosse dans les couloirs des gouvernements corrompus qui se sont succédé de 1986 à aujourd’hui. Et même au-delà…

      Nous voulons encore  expliquer – surtout à ceux qui ne veulent point l’entendre – que la caque des joutes électorales qui ont reconduit les Tèt Kale à la présidence sentait encore le hareng : même si l’exercice dénonciateur peut se révéler un véritable gaspillage de salive et d’encre. Les dates du 9 août et du 25 octobre 2015 restent gravées comme des cicatrices douloureuses sur la poitrine frêle de la République. Ces jours-là, le peuple haïtien s’était déplacé, bravant la risée de l’incertitude, avec l’espoir, quoique ténu, de dessiner son avenir dans l’urne. Mais dès l’aube, le vent a tourné, apportant avec lui une senteur âcre et familière. Et ce n’était pas l’odeur de la « démocratie », mais plutôt celle, tenace, des vieilles combines qui s’apparentaient curieusement à celles du 22 septembre 1957. La caque électorale, ce grand tonneau, qui est censé abriter le choix raisonnable du peuple souverain, sentait le hareng à plein nez. Elle empestait la fraude planifiée, le bourrage d’urnes nocturne et le mépris des bulletins froissés par des mains délinquantes. Le système politique haïtien, imprégné par des décennies de manipulation frauduleuses, pouvait-il offrir un scrutin maculé ? À peine 8% des procès verbaux scrutés et analysés ne révélaient aucune trace d’irrégularité.

     Depuis l’usurpation du palais national par les prédateurs du « Groupement haïtien Tèt Kale », Haïti barbote davantage dans la mare de l’insécurité sociale, politique, économique et du danger écologique. Ce pays ne connaîtra pas la paix avant qu’il y ait une réparation consensuelle des dégâts que le Conseil électoral provisoire d’Opont et de Berlanger a causés dans les organes de la société haïtienne. Ces charlatans ont publié des résultats frauduleux dictés par les États impériaux qui influencent l’Organisation des Nations unies (ONU) et l’Organisation des États américains (OEA). Il ne fallait pas espérer des « escrocs », des « arnaqueurs », des « aigrefins »… une contrition confessionnelle. Un remords patriotique. Les trafiquants des bulletins de vote, les carambouilleurs, les faussaires… ne seraient jamais venus faire leur mea culpa sur la place publique. Ils savaient ce qui les attendait : la prison. Et en ce qui concerne les conspirateurs étrangers, ils auraient été déclarés – naturellement dans un pays sérieux – persona non grata, et traduits, selon les procédures internationales, devant les tribunaux compétents, pour ingérences graves dans les affaires internes d’un État souverain.   

     La loi électorale sanctionne sévèrement les contrevenants :

     «Article 121.1.-  Aucun fonctionnaire ou autorité publique ne peut utiliser les matériels de l’État pour se livrer à des activités de propagande électorale en sa faveur ou en celle d’un ou de plusieurs candidats, partis ou groupements politiques, sous réserve de sanctions prévues par le présent Décret. »

     Les châtiments prévus pour ces cas sont clairement établis dans les dispositions des articles qui suivent :

Article précédent La “ruée vers l’Afrique” des géants de la tech Article suivant Le PSA mobilise à Limonade et place la sécurité au cœur de s…

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

0 / 2000 caractères

Aucun commentaire. Soyez le premier !