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Rotterdam, premier port d’Europe et hub énergétique, entame une timide transition

« La ruée sur les ports » (12/16). Le site portuaire a pris quelques initiatives pour réduire l’impact carbone de ses activités, en développant l’hydrogène ou en se fournissant auprès d’un vaste parc éolien offshore. Mais les freins restent nombreux, 13 % de la demande européenne en

Rotterdam, premier port d’Europe et hub énergétique, entame une timide transition
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La ruée sur les ports

La ruée sur les ports

Rotterdam, premier port d’Europe et hub énergétique, entame une timide transition

Par Julien Bouissou (Rotterdam, envoyé spécial)
Publié aujourd’hui à 06h00

Temps de Lecture 6 min.

Il n’y a pas que des conteneurs à Rotterdam (Pays-Bas), premier port d’Europe. Il y a aussi 1 500 kilomètres de canalisations qui semblent s’égarer dans toutes les directions, un labyrinthe de tuyaux qui s’enchevêtrent les uns aux autres, courent le long des quais, traversent une plage, s’enfoncent sous-terre avant de réapparaître sur un rond-point.

Sur des bandes de terre étroites recouvertes de sable et d’herbe qui avancent sur la mer, il y a aussi ces larges cuves blanches écrasées par le soleil, où sommeillent du pétrole et du gaz liquéfié conservé à – 162 °C. Le vrac liquide, dont une grande majorité d’hydrocarbures, constitue quasiment la moitié du volume de fret (200 millions de tonnes sur 400 millions) passant par Rotterdam, contre un tiers pour les conteneurs (133,4 millions de tonnes). Le pétrole fait partie du paysage et de l’identité de la ville ; il alimente toute une industrie, chimique et pétrochimique. « Le site est un hub industriel, il est un centre de production », rappelle Boudewijn Siemons, le directeur général du port néerlandais.

Dans le musée maritime de la ville, le plastique a droit à tous les honneurs : des bottes et des bouteilles de shampoing sont exposées dans une salle plongée dans l’obscurité, comme autant de reliques d’un passé où le pétrole était roi. Ici, on se souvient que la ville fut bombardée pendant la seconde guerre mondiale à cause de ses infrastructures énergétiques. Aujourd’hui encore, 13 % de la demande européenne en énergie dépend de Rotterdam. La région qui s’étend jusqu’à la Ruhr allemande en passant par Anvers et Bruges, en Belgique, abrite à elle seule 40 % de la production pétrochimique et 18 % du raffinage en Europe. Chaque année, ce sont 100 millions de tonnes de pétrole qui arrivent dans la cité portuaire. La moitié est transformée sur place dans cinq raffineries différentes et l’autre distribuée vers le reste du continent.

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