Scott Bessent a-t-il fait l’erreur, comme le dit l’expression américaine empruntée au film Les Incorruptibles de Brian De Palma, « d’apporter un couteau au milieu d’une fusillade » ? L’ex-gérant de fonds d’investissement a construit sa réputation à Wall Street en menant des raids spéculatifs musclés contre les monnaies du monde entier. Devenu secrétaire au Trésor de l’administration Trump, il semble manquer singulièrement de puissance de feu, à l’heure de défendre la crédibilité financière des Etats-Unis, attaquée sur les marchés obligataires.
Mardi 8 septembre, le ministre a défié les investisseurs de « parier » contre lui : « Je suis la banque maintenant », a-t-il lancé, selon l’adage qui veut que le casino l’emporte toujours sur les joueurs. Mais depuis cette rodomontade, rien ne va plus. Le rendement à dix ans des bons du Trésor américain, baromètre mondial du coût de l’argent, a franchi la barre symbolique des 5 %, atteignant 5,18 % jeudi 24 septembre au soir, au plus haut depuis l’été 2007. Le taux à trente ans approche les 5,5 %. La dette américaine a beau être l’actif le plus sûr du monde en raison de son adossement à la puissance monétaire des Etats-Unis, le Trésor peine à bien la vendre, c’est-à-dire à des taux plus bas. Les marchés parient contre Scott Bessent et le casino perd de l’argent, beaucoup d’argent.
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