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Sécurité d’abord, élections ensuite – la position de Fanmi Lavalas selon Maryse Narcisse, entre réalisme et ambiguïté stratégique

Le lundi 7 septembre 2026, Dr Maryse Narcisse, figure historique et coordonnatrice de Fanmi Lavalas, a réaffirmé avec clarté la position de son organisation face à la double crise sécuritaire et électorale qui continue d’asphyxier Haïti. Dans une déclaration publique, l’ancienne candidat

Sécurité d’abord, élections ensuite – la position de Fanmi Lavalas selon Maryse Narcisse, entre réalisme et ambiguïté stratégique
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8 septembre 2026
Sécurité d’abord, élections ensuite – la position de Fanmi Lavalas selon Maryse  Narcisse, entre réalisme et ambiguïté stratégique 
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Sécurité d’abord, élections ensuite – la position de Fanmi Lavalas selon Maryse  Narcisse, entre réalisme et ambiguïté stratégique 

  • by Rezo Nodwes
  • 8 septembre 2026
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Le lundi 7 septembre 2026, Dr Maryse Narcisse, figure historique et coordonnatrice de Fanmi  Lavalas, a réaffirmé avec clarté la position de son organisation face à la double crise  sécuritaire et électorale qui continue d’asphyxier Haïti. Dans une déclaration publique,  l’ancienne candidate à la présidence a estimé que, « tel que le pays se trouve aujourd’hui »,  les élections ne sont pas possibles. Elle a placé la restauration de la sécurité comme prérequis  absolu avant toute compétition électorale. 

Cette prise de position n’est ni nouvelle ni surprenante. Elle s’inscrit dans la continuité du  discours de Fanmi Lavalas depuis des années : la sécurité d’abord, le retour des déplacés, la  libre circulation, puis seulement les élections. En février 2026, lors de la signature du Pacte  national pour la stabilité et l’organisation des élections, Maryse Narcisse elle-même avait déjà  martelé que « la sécurité doit revenir avant toute étape électorale ». Le porte-parole Jodson  Dirogène avait alors justifié l’adhésion du parti au Pacte par la même priorité : sortir le pays  de l’insécurité pour rendre possible un scrutin crédible. 

Sur le fond, le diagnostic de Maryse Narcisse est difficilement contestable. L’insécurité  généralisée, le contrôle territorial des gangs, les déplacements massifs de population et  l’impossibilité de garantir la libre circulation rendent illusoire l’organisation d’élections  libres, inclusives et crédibles. Organiser un scrutin dans ces conditions reviendrait à légitimer  une mascarade, à exclure des pans entiers de la population et à produire des résultats contestés  d’avance. Exiger d’abord la sécurité, c’est rappeler une évidence démocratique élémentaire :  on ne vote pas sous la menace des armes. 

Fanmi Lavalas a raison de rappeler que la précipitation électorale, sans conditions minimales  de sécurité, ne ferait qu’aggraver la crise de légitimité déjà profonde. Dans un pays où l’État a  perdu le monopole de la violence sur de larges portions du territoire, parler d’élections « à  tout prix » relève soit de l’aveuglement, soit d’un calcul politique cynique. 

Pourtant, cette position, aussi juste soit-elle sur le principe, soulève plusieurs questions  critiques. 

Premièrement, l’ambiguïté de la participation. Fanmi Lavalas a signé le Pacte de février  2026 qui soutient explicitement l’exécutif unique sous Alix Didier Fils-Aimé et s’engage à  accompagner le processus menant aux élections. Maryse Narcisse a assisté à la cérémonie de  présentation. Or, six mois plus tard, le même parti constate que les conditions ne sont toujours  pas réunies. Cette posture – signer pour « créer les conditions », puis dénoncer leur absence – peut apparaître comme une stratégie de double jeu : rester dans le processus pour ne pas être  marginalisé, tout en se réservant le droit de le critiquer quand les résultats se font attendre. 

Deuxièmement, l’absence de feuille de route alternative claire. Dire que les élections sont  impossibles aujourd’hui est une chose. Proposer un chemin concret, crédible et réaliste pour  rétablir la sécurité dans un délai raisonnable en est une autre. Fanmi Lavalas insiste depuis 

longtemps sur une solution haïtienne, collective et inclusive. Mais face à l’échec relatif des  efforts sécuritaires (y compris avec l’appui international), le parti ne détaille pas suffisamment  les instruments, les alliances ou les compromis nécessaires pour transformer ce diagnostic en  action. La formule « sécurité d’abord » risque de devenir un mantra qui, sans échéances ni  mécanismes de redevabilité, peut servir indéfiniment à reporter le retour à l’ordre  constitutionnel. 

Troisièmement, le risque de conforter le statu quo. En multipliant les conditions préalables  sans proposer de rupture claire avec le dispositif actuel, Fanmi Lavalas contribue, qu’elle le  veuille ou non, à prolonger une transition déjà très longue. L’insécurité n’est pas seulement un  obstacle technique : elle est aussi devenue un argument politique utilisé par différents acteurs  pour justifier le maintien d’un pouvoir intérimaire. Une force populaire qui se contente de  constater l’impossibilité des élections sans mobiliser massivement autour d’une alternative  concrète laisse le champ libre à ceux qui gèrent la transition au jour le jour. 

Fanmi Lavalas reste, pour une partie importante de la population, le parti qui incarne encore  l’espoir d’un changement profond, d’une rupture avec l’exclusion et l’injustice. Maryse  Narcisse, par sa trajectoire et sa crédibilité personnelle, porte cette mémoire. C’est  précisément pour cette raison que sa parole pèse lourd – et que les attentes sont élevées. 

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