Sous la chaleur humide suffocante, policiers et soldats des forces d’autodéfense japonaises s’affairent dans les débris du centre commercial Aeon Mall Kumamoto, dévasté par une explosion le 28 juillet. Celle-ci, due sans doute à une fuite de gaz, est survenue après le tremblement de terre qui a frappé le même jour la préfecture de Kumamoto, dans le sud du Japon.

D’après l’entreprise Aeon, qui gère le complexe, les secouristes ont pu mettre en sécurité les 2 700 employés qui étaient sur place lors de l’explosion. Les 12 employés piégés dans le bâtiment partiellement effondré ont pu être secourus, mais sept d’entre eux sont décédés, rapporte la chaîne de télévision TV Asahi.

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Quant aux clients, ils avaient été déjà évacués du bâtiment avant l’explosion, selon l’entreprise. À l’aide de rétrocaveuses et de chiens renifleurs, les opérations de secours se poursuivent. “La police et les pompiers estiment qu’il reste encore des personnes enfermées dans le centre”, précise la chaîne publique NHK. L’explosion a fait sauter des pans entiers de murs. “Autour des parties dévastées, des ossatures en acier sont exposées à l’air, et d’innombrables câbles électriques pendent du toit”, relate l’envoyé spécial de la chaîne Yomiuri TV.

Des centres d’évacuation sans climatisation

Dans ce genre de situation, les chances de survie baissent considérablement après les premières soixante-douze heures. “C’est une course contre la montre”, commente Akira Tanaka, ancien pompier et consultant en gestion de catastrophes naturelles cité par la NHK.

Alors que ce seuil approche, le bilan humain ne cesse de s’alourdir dans l’ensemble de la région sinistrée. D’après les informations provisoires arrêtées jeudi soir, celui-ci s’établit désormais à 34 morts, y compris les victimes du centre commercial, rapporte le quotidien Sankei Shimbun. Plus de 9 000 personnes se sont réfugiées dans plus de 400 centres d’évacuation, et environ 80 000 foyers sont privés d’eau. Kyuden, le fournisseur d’électricité de l’île de Kyushu, précise de son côté qu’une coupure de courant concerne 14 000 autres foyers.

Dans les gymnases qui font souvent office de centre d’évacuation, les sinistrés vont donc devoir passer la nuit entre la peur des répliques et des températures suffocantes. Dans la région, seules 20 % de ces structures sont équipées de climatiseurs, souligne le Nihon Keizai Shimbun. Et, entre le 1er et le 5 août, les températures pourraient atteindre les 40 °C… Le gouvernement a déjà envoyé 300 climatiseurs mobiles sur place, mais les coupures de courant compliquent leur installation.

“Je ne sais pas jusqu’à quand je vais rester dans ce centre. Je vais essayer de résister à la chaleur avec tous les moyens du bord”, raconte au journal une quinquagénaire hébergée dans un collège en montrant des bouteilles d’eau glacées.