À gauche, Vladimir Poutine tient un baril aux couleurs de son pays. À droite, une guillotine menace Volodymyr Zelensky. Au centre, derrière les fenêtres de la Maison-Blanche, Donald Trump est calmement assis dans le Bureau ovale et son visage semble pencher vers son homologue russe. Sur sa une, l’hebdomadaire hongrois HVG paru le 15 octobre illustre ironiquement le rapprochement entre Washington et Moscou après l’achat américain de gazole russe, au grand dam de Kiev.
“Provocation pétrolière”, tacle le titre du magazine, dans un jeu de mots apparent avec “olajszőkités”, soit le blanchiment du pétrole, rappelant le scandale de fraude aux carburants du même nom qui a marqué la Hongrie dans les années 1990. “Trump sacrifie l’Ukraine pour les voix”, renchérit le sous-titre, se référant à ses récentes déclarations visant Zelensky et à l’accord conclu avant les élections de mi-mandat du 3 novembre, qui s’annoncent résolument difficiles pour le locataire de la Maison-Blanche.
Trump prêt à s’entendre avec Poutine
“L’arrangement sur le gazole et le ciblage des actifs [du géant pétrolier russe] Lukoïl montrent que Trump est prêt à conclure un accord au détriment de l’Ukraine même avec Poutine, dès lors que sa survie politique ainsi que l’enrichissement des membres de sa famille et de ses soutiens sont en jeu. Une telle perspective ne plaît ni à l’Europe ni à plusieurs responsables de son parti”, explique le magazine dans son article de couverture, malicieusement intitulé “Lubrification des relations”.
“Le gendre de Trump et Steve Witkoff se rendent régulièrement à Moscou pour négocier une issue à la guerre”, mais “il apparaît que des enjeux commerciaux ont été abordés”, dont “l’acquisition par des proches du dirigeant américain et des deux intermédiaires des actifs étrangers de la principale compagnie pétrolière privée russe”, alors que Trump “avait signé en septembre une loi de sanctions contre la Russie et ses acheteurs de pétrole”, grince le média.
Pendant que “Trump accroît la pression sur Zelensky en affirmant que l’Ukraine aurait besoin d’un autre chef d’État”, Moscou “poursuit les frappes contre le réseau énergétique ukrainien” et “n’accepterait une paix que si toutes les conditions des Russes étaient remplies”, déplore HVG. L’Union européenne, de son côté, “continue de soutenir Kiev” avec “l’élargissement le plus important des sanctions existantes” contre la Russie, conclut l’hebdomadaire hongrois.
Kiev craint une suspension du partage des renseignements américains après des frappes russes surprises
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