Comment regarder l’autre dans toute son intégrité et son humanité, alors même que l’on sait sa disparition imminente ? Comment s’assurer que la vie d’une personne atteinte de sénilité ou d’une maladie incurable vaille la peine d’être vécue ? Telles sont les questions qui structurent le film Soudain, signé par le réalisateur japonais Ryusuke Hamaguchi (Drive My Car, Le mal n’existe pas…). Présenté en sélection officielle au dernier Festival de Cannes, il a valu à ses deux actrices principales, la Française Virginie Efira et la Japonaise Tao Okamoto, de remporter ex aequo le Prix d’interprétation féminine. Il est depuis le 12 août à l’affiche en France, deux mois après être sorti au Japon.
Pour ce long-métrage, Ryusuke Hamaguchi s’est inspiré de “Soudain, je suis tombé malade”, un ouvrage inédit en français, qui compile la correspondance entre l’anthropologue Maho Isono et la philosophe Makiko Miyano, rappelle le quotidien Mainichi Shimbun. Atteinte d’un cancer, la seconde est décédée en 2019, à 42 ans, deux mois avant la publication du livre.
Un “partage d’âmes”, au-delà des langues
Puisant librement dans les échanges des deux femmes sur la mort, la maladie et l’altérité, Hamaguchi a opéré plusieurs changements, gardant à peine une réplique du texte original. L’essentiel de l’act
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