L’ambiance a bien changé. Lorsque le vice-président de la Commission européenne Stéphane Séjourné avait proposé, le 4 mars, un règlement pour l’accélération industrielle, l’accueil avait été plutôt mitigé. La présentation de son texte a d’ailleurs dû être reportée à plusieurs reprises faute d’accord sur son objectif : « Faire entrer le “made in Europe” dans la loi européenne », selon les mots du commissaire.
Six mois plus tard, pour le conseil de rentrée des ministres de l’industrie, le 24 septembre, la tonalité était tout autre. « Les surcapacités chinoises sont une grave menace pour l’Europe et son industrie, a déclaré en arrivant le Finlandais Sakari Puisto. Si nous perdons notre industrie de base, nous perdrons aussi la recherche et développement. Nous devons avoir des outils pour répondre à cela. » Le ministre espagnol, Jordi Hereu i Boher a renchéri : « Il faut renforcer l’espace européen comme un espace industriel. » Son collègue polonais, Michal Baranowski, demande lui aussi « une loi pour l’accélération industrielle forte ». Le principe de base est maintenant plébiscité : il faut protéger la base industrielle européenne en lui assurant des débouchés localement, avec une préférence européenne dans les achats et soutiens publics.
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