LETTRE DU BENELUX
Sur la grande digue de La Panne, dernière station balnéaire belge avant la frontière française, une belle maison de style éclectique datant de 1904 fait figure d’ovni au milieu des barres d’immeubles. En ce début du mois d’octobre, alors que l’été refuse de céder la place et que le soleil étire ses derniers rayons sur la mer du Nord, des touristes s’arrêtent régulièrement pour lire le panneau qui recouvre, depuis quelques semaines, tout le rez-de-chaussée de la demeure ancienne. « Rêvez face à la mer. Nouvelle résidence exclusive ». Le slogan s’accompagne de la photo d’un grand bâtiment moderne qui promet des « appartements traversant avec terrasses ensoleillées ». Prix de vente : entre 397 500 et 950 000 euros. Les passants comprennent vite que le vestige d’architecture qu’ils ont devant les yeux vient de vivre sa dernière saison estivale.
Au mois d’août, l’annonce de la démolition prochaine de la villa des Tournesols avait créé l’émoi auprès de la population locale. Le mot « Schande » (« honte ») avait été tagué sur les affiches faisant la promotion du nouveau projet immobilier. Aujourd’hui, l’inscription a été recouverte de peinture, mais le sentiment de gâchis reste, lui, bien présent chez certains habitants. « C’est dommage. Si vous allez à Bray-Dunes, côté français, ça a beaucoup plus de charme », souligne Jean-Marc, habitant de La Panne depuis trois ans, qui préfère rester discret et ne pas donner son nom de famille.
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