“Si tu veux la paix, prépare la guerre”… Le ministère de la Défense taïwanais pourrait faire sien le vieil adage de la Rome antique. À une période où l’on prépare les budgets de l’année à venir, il vient en effet d’annoncer un programme d’acquisition de “munitions critiques” à hauteur de 27,6 milliards de dollars taïwanais, soit près de 763 millions d’euros. Le plan s’étend sur six années, de 2026 à 2031. “L’objectif, explique le quotidien taïwanais Ziyou Shibao, est d’augmenter progressivement les réserves de munitions des forces armées nationales de trente à cent vingt jours, renforçant ainsi leur capacité de combat durable en cas de blocus ou d’interruption de l’aide et des approvisionnements extérieurs.”

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C’est bien sûr la résistance à l’Armée populaire de libération (APL), le nom de l’armée chinoise, qui est en jeu. Toujours selon le ministère de la Défense taïwanais, cité par le South China Morning Post, “la géographie de l’île la rend particulièrement vulnérable à un blocus de l’APL qui viserait à couper les lignes d’approvisionnement et à empêcher toute intervention extérieure”.

Selon le Ziyou Shibao, la priorité est donnée à l’acquisition de munitions pour chars et mitrailleuses, de charges propulsives pour des grenades et d’explosifs à haute énergie. Autant d’armes visant à se préparer au pire, insiste le chercheur Chieh Chung, de l’Association de prospective stratégique de Taipei, auprès du SCMP :

“Si le conflit s’éternise, que l’APL débarque et que nous entrons dans la phase de défense territoriale, nous consommerons inévitablement d’énormes quantités de munitions conventionnelles.”

En plus de l’enveloppe débloquée pour les munitions critiques, le Yuan législatif, le Parlement de l’île, a adopté en mai une loi qui prévoit des achats d’armements auprès des États-Unis à hauteur de 780 milliards de dollars taïwanais, soit 21,6 milliards d’euros.