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THE NEW REPUBLIC | Comment Washington a trahi les Haïtiens qu’il avait promis de protéger

Le texte original est une tribune de James North, publiée le 4 août 2026 dans le magazine américain The New Republic. (The New Republic) THE NEW REPUBLIC | Comment Washington a trahi les Haïtiens qu’il avait promis de protéger Opinion de James North — 4 août 2026 Les grands médias améric

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4 août 2026
THE NEW REPUBLIC | Comment Washington a trahi les Haïtiens qu’il avait promis de protéger
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THE NEW REPUBLIC | Comment Washington a trahi les Haïtiens qu’il avait promis de protéger

  • by Rezo Nodwes
  • 4 août 2026
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Le texte original est une tribune de James North, publiée le 4 août 2026 dans le magazine américain The New Republic. (The New Republic)

Les grands médias américains ont, dans l’ensemble, correctement couvert la plus récente décision d’une longue série de jugements condamnables rendus par la Cour suprême. Depuis le 27 juillet, la haute juridiction a privé de protection légale quelque 330 000 Haïtiens établis aux États-Unis, donnant ainsi à l’administration Trump la possibilité de les expulser vers un pays ravagé par la même violence meurtrière qui les avait contraints à chercher refuge sur le territoire américain.

Cependant, The New York Times, CNN et les autres grands médias négligent une dimension fondamentale de ce dossier : des éléments convaincants indiquent que le gouvernement américain, sous des administrations démocrates comme républicaines, porte une responsabilité partielle, mais directe, dans la catastrophe qui se poursuit en Haïti.

Les États-Unis ont, par conséquent, une obligation morale sérieuse de suspendre les expulsions d’Haïtiens. Cette responsabilité s’ajoute au devoir humanitaire élémentaire de ne pas arrêter des personnes pour les renvoyer vers un pays où elles risquent fortement d’être assassinées.

La responsabilité morale du gouvernement américain paraît évidente, même si elle demeure peu documentée dans la presse. Il convient de commencer par le témoignage d’un acteur de premier plan : Daniel Foote, ancien envoyé spécial des États-Unis en Haïti. Il avait averti, il y a près de cinq ans, que la politique américaine constituait un dangereux échec. En septembre 2021, il avait démissionné en signe de protestation, mettant fin à une carrière distinguée de vingt-trois années au département d’État.

Sa lettre de démission, rendue publique, dénonçait avec virulence les interventions répétées des États-Unis et d’autres puissances étrangères dans la vie politique haïtienne. Selon Foote, ces interventions avaient « systématiquement produit des résultats catastrophiques ». Il annonçait également de « désastreuses conséquences à venir ».

Les 330 000 Haïtiens menacés d’expulsion résidaient légalement aux États-Unis sous le régime du Statut de protection temporaire, connu sous l’acronyme TPS, un programme créé par le Congrès en 1990. Les médias américains rapportent, à juste titre, que ces ressortissants sont, dans leur immense majorité, travailleurs et respectueux des lois.

Les professionnels haïtiens de la santé et les auxiliaires de vie auprès des personnes âgées sont devenus indispensables dans plusieurs régions, notamment en Floride, à New York et à Boston. Le gouverneur républicain de l’Ohio a lui-même pris la défense des ouvriers haïtiens employés dans les usines de son État. Ce sont pourtant ces mêmes personnes que Donald Trump et J. D. Vance avaient ignominieusement accusées, sur la base d’affirmations mensongères, de manger des chats et des chiens.

La presse américaine décrit également la gravité de la situation sécuritaire en Haïti. Des groupes armés contrôlent une grande partie de Port-au-Prince et poursuivent leur expansion territoriale. Près de 1,5 million de personnes ont dû abandonner leur domicile pour se mettre à l’abri, soit plus du dixième de la population nationale.

La situation est devenue si périlleuse que les médias américains envoient rarement leurs journalistes sur le terrain. Heureusement, des reporters haïtiens courageux et compétents, notamment Widlore Mérancourt et Magdela Louis, continuent de produire des récits saisissants sur les massacres perpétrés dans le pays.

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