Traverser l'orage jusqu'aux éclaircies, avec «La Foudre» d’Aloïse Sauvage
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La chanteuse française Aloïse Sauvage est de retour avec La Foudre, son troisième disque, né dans l'abysse d'une rupture amoureuse. Artiste pluridisciplinaire issue de la danse et du cirque, également actrice, elle revient sur le devant de la scène musicale après trois années de travail en binôme avec le musicien et producteur Mathieu Epaillard. Retour sur ce nouvel album dont l'un des titres, « Tomboy », est mis à l'honneur dans la playlist RFI du mois d'octobre.
Native de Seine-et-Marne, Aloïse Sauvage pratique la musique depuis l'enfance : d'abord la flûte traversière, puis la batterie et le saxophone. En parallèle, la danse occupait aussi une place immense dans sa vie, entre les cours de hip-hop et de breakdance à la Maison des jeunes et de la culture de son quartier. Toute la pluralité de ce qui la passionnait dès l'enfance se retrouve aujourd'hui dans La Foudre.
Elle raconte : « J'ai toujours voulu créer un mariage, un équilibre entre ce que j'aime dans le hip-hop et ce pourquoi j'ai cette musicalité-là, cette scansion, ce flow presque rappé, cette rythmique. Et l'équilibrer avec une musique plus électronique, plus profonde, avec des couches, plus deep. Je crois que ça vient vraiment de quand j'étais enfant. J'ai commencé à écrire des slams, des raps sur des bandes originales de films très dramatiques, très épiques (rires). J'ai l'impression de toucher du bout des doigts ce que je faisais, un peu inconsciemment, à 10 ou 11 ans. »
La rupture comme point de départ
Ce phrasé brut et haletant, tout comme le côté cinématographique des instrumentales et de l'écriture, traverse tout l’album. La Foudre raconte d'abord une rupture amoureuse et la reconstruction qui suit, mais aussi une rupture professionnelle et la fin de la vingtaine : bref, l'ouverture d'un nouveau chapitre.
« Cet album parle d'amour, vraiment, il parle beaucoup d'amour. Mais c'est comme un prétexte pour parler de plein d'autres choses qui m'ont traversée : le rapport à la solitude, à l'affirmation de soi, l'identité, le rapport au collectif. Ce sont des thématiques que je tricote et détricote depuis le début de mon parcours musical. Mais en tout cas, c'est un album de retour à soi. Et puis, c'est le premier album que j'auto-produis et que je partage au monde en totale indépendance. Je crois que tout cela est imbriqué : artistiquement, ce que j'ai voulu et ce que j'ai pu faire en étant totalement libre, mais aussi ce que cela implique politiquement de recommencer presque à zéro. Comme si c'était un nouveau premier album, celui d'une nouvelle Aloïse Sauvage », estime-t-elle.
Musicalement, la chanteuse expérimente. Son style, entre pop et chanson française, évolue notamment grâce à une rencontre marquante : celle avec Mathieu Epaillard, compositeur et co-producteur de La Foudre, avec qui elle s'est enfermée en studio pour s'offrir du temps de création. Ensemble, ils se sont inspirés des aigus de la chanteuse ghanéenne-américaine Amaarae, des nappes électroniques du producteur britannique Fred Again et du groove du chanteur britannique Blood Orange.
De la tempête aux éclaircies
Après un passage par le syndrome de la page blanche, Aloïse Sauvage a complètement changé son processus créatif. Elle raconte : « Avant ce projet, j'écrivais d'abord. J'emmagasinais des bribes de textes, puis la magie, la grâce de la création arrivait et je trouvais des mélodies sur le texte déjà existant. Sur cet album, j'ai fait complètement le contraire. Déjà parce que j'en avais besoin : je ne savais plus trop comment écrire. Je ne savais plus trop quoi écrire, si ce n'est sur cette rupture que j'étais en train de vivre, mais qui peinait à être digérée. Donc je ne pouvais pas encore écrire sur tous les aspects de cette histoire. Alors, à la fois par incapacité à écrire et par envie de continuer à créer, j'ai chanté. J'ai beaucoup, beaucoup chanté. Cela m’a aussi permis de me dérider sur ma façon d'écrire, de voir que dans les toplines, il y avait déjà tout le texte qui criait : "Aloïse, regarde, c'est ça qui est dit !" »
Tout au long des douze titres du disque, une progression se dessine : de la fin de l'amour à la redécouverte de soi, jusqu’au moment où on sort la tête de l'eau, où tout recommence, où la vie reprend.
Aloïse Sauvage : en tournée à partir de janvier 2027, avec deux dates parisiennes à la Cigale, les 2 et 3 février 2027.
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