La Colombie-Britannique, province de l’ouest du Canada, a annoncé, lundi 21 septembre, avoir intenté une action en justice contre le géant de l’intelligence artificielle (IA) OpenAI, accusé de ne pas avoir informé la police de messages violents écrits sur son agent conversationnel ChatGPT par la responsable d’une tuerie. La tragédie s’est produite à Tumbler Ridge, en février.
La province poursuit l’entreprise en Californie « pour ne pas avoir informé les forces de l’ordre des menaces proférées sur sa plateforme avant la fusillade de masse de l’école de Tumbler Ridge », a déclaré Niki Sharma, chargée de la justice au sein du gouvernement provincial, lequel « demand[e] des comptes à OpenAI ». « L’IA présente de graves risques pour la sécurité » et « nous ne pouvons pas laisser ces entreprises s’autoréguler », a ajouté Niki Sharma.
« Dans toute autre situation où une personne aide, encourage, conspire en vue de commettre une infraction pénale (…), elle peut faire l’objet d’une enquête, de poursuites et être jugée. Il n’existe aucune exemption liée à l’IA à ces principes du droit pénal », a-t-elle encore soutenu.
Le 10 février, une jeune femme transgenre, originaire de la localité de Tumbler Ridge, a tué sa mère et son demi-frère avant de se rendre dans son ancien collège-lycée et d’y abattre cinq enfants âgés de 12 et 13 ans et une éducatrice de 39 ans. Jesse Van Rootselaar, qui s’est ensuite donné la mort, avait des problèmes de santé mentale et la police s’était plusieurs fois rendue au domicile familial.
Aucune alerte à la police
Cette attaque a provoqué une onde de choc au Canada, pays voisin des Etats-Unis peu habitué aux tueries de ce type. Plusieurs autres actions en justice ont été intentées contre OpenAI en Californie par des proches de victimes. OpenAI a été lourdement critiqué pour le rôle de ChatGPT dans cette affaire, et notamment pour ne pas avoir alerté la police.
L’entreprise avait affirmé avoir identifié, en juin 2025, un compte lié à la responsable de la tuerie et l’avoir suspendu, sans toutefois avoir informé la police canadienne. OpenAI s’était justifiée en assurant que le compte ne remplissait pas les critères permettant de déclencher un tel signalement, notamment parce que le contenu ne montrait pas que la préparation d’une attaque était crédible ou imminente.
Le PDG d’OpenAI, Sam Altman, a présenté en avril ses excuses à la ville de Tumbler Ridge, se disant « profondément désolé » que son entreprise n’ait pas effectué ce signalement.