Le détroit de Bab Al-Mandab, voie stratégique pour le commerce mondial, à l’entrée de la mer Rouge, est menacé de fermeture par les houthistes, rebelles yéménites soutenus par l’Iran. Initialement en retrait depuis le début des frappes conduites par les Etats-Unis et Israël sur le pays, le 28 février 2026, les houthistes se sont finalement engagés plus intensément aux côtés de leurs alliés iraniens. Et ce, pour deux raisons.
La première est que l’Iran souhaite accentuer la pression sur les Etats-Unis. Malgré l’accord de paix signé par Donald Trump au château de Versailles, en France, le 17 juin, les frappes américaines ont repris dans la nuit du 7 au 8 juillet. La deuxième raison concerne un ennemi historique des rebelles yéménites : l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole. Le processus de paix entamé en 2022 par les deux parties semble aujourd’hui dans une impasse.
C’est pourquoi le 23 juillet 2026, ces alliés de l’Iran ont annoncé y avoir mené une « opération militaire » contre « deux pétroliers », battant pavillon saoudien. Et si les houthistes n’ont pas les moyens de bloquer complètement ce détroit stratégique, ils disposent d’un important pouvoir de dissuasion : « Ces frappes ont pour effet de limiter énormément la navigation dans le détroit de Bab Al-Mandab et en Mer Rouge. Beaucoup de navires, ne sachant pas si ce blocage est strictement ciblé, vont décider, compte tenu du risque et des coûts d’assurance des navires, de ne plus emprunter cette voie maritime », explique Hélène Sallon, correspondante du Monde au Moyen-Orient.