“Vie chère, lycéens dans la rue, violences autour des manifestations, dette publique à près de 3 600 milliards d’euros, taux d’intérêt en hausse et nouvelle polémique autour de Jordan Bardella : plusieurs crises se superposent actuellement en France”, résume Tunisie Numérique.
“Le pays n’est pas encore dans une insurrection générale, rebondit l’hebdomadaire de Tunis Réalités. Mais le terrain est inflammable, car une colère concrète — carburants, salaires, écoles, hôpitaux — rencontre une défiance politique profonde et une campagne présidentielle déjà engagée.”
“La contestation scolaire est devenue une crise politique”, abonde Tunisie Numérique. “Elle exprime une inquiétude plus générale sur les conditions d’études, les perspectives professionnelles et la capacité des services publics à répondre aux besoins”. Or, “le mouvement comporte deux réalités, constate Réalités. D’un côté, une protestation scolaire précise, enracinée dans les inégalités territoriales ; de l’autre, des affrontements et dégradations qui déplacent le débat vers l’ordre public.”
La contestation a, en effet, donné lieu à de nombreuses scènes de violences. “Depuis la mi-septembre, les bilans cités par la presse française font état de 215 élèves blessés, 85 membres des personnels éducatifs et plus de 700 membres des forces de l’ordre”, relève Tunisie Numérique. “L’un des cas les plus graves concerne un adolescent de 15 ans qui a perdu une main après l’explosion d’une grenade policière à Lens.”
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Je m’abonneEn France, un test pour les valeurs démocratiques
Une crise du maintien de l’ordre s’est ainsi greffée à la crise scolaire, estime Business News dans un article intitulé : “Lycéens mutilés : la France à l’épreuve de ses principes”. Et, observée depuis Tunis, cette situation “prend un relief particulier : elle met à l’épreuve un pays où le droit de manifester est profondément ancré dans la vie politique et où l’usage de la force publique est soumis à des mécanismes de contrôle”.
Business News rappelle que la France “est celle d’une certaine conception de l’État de droit, de la liberté de manifester, de la presse qui documente les abus et d’une police dont l’usage de la force est soumis au contrôle de la justice”. Et qu’elle a servi d’exemple pour la Tunisie et “de référence lorsqu’il s’agissait, chez nous, de mesurer les libertés et les abus du pouvoir”.
“C’est ce qui rend les événements actuels si déroutants”, reprend le média tunisien pour qui le problème “commence lorsque, face à des adolescents, la frontière entre maintien de l’ordre et usage disproportionné de la force devient suffisamment floue pour conduire à des mutilations et à onze enquêtes de l’IGPN”.
Au bout du compte, “la France est confrontée à une contradiction entre les principes qu’elle porte et certaines pratiques de ceux qui représentent l’autorité de l’État”.
En d’autres termes, analyse Business News, la crise actuelle constitue un test pour les valeurs démocratiques. “Elles se mesurent lorsque l’ordre public est menacé, que la rue déborde et que l’État est poussé dans ses retranchements. C’est précisément à ce moment-là que la force doit rester du côté du droit.”
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