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Vladimir Poutine, un président bunkérisé dans une Russie mise sous cloche

« Le système Poutine » (1/3). Les pléthoriques « siloviki », ces officiers issus des services de sécurité, ont pris le pouvoir et sont omniprésents dans les élites. Dans la société, ils ont diffusé un climat de peur et de suspicion qui interdit toute remise en question du Kremlin et de

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Vladimir Poutine, un président bunkérisé dans une Russie mise sous cloche

Par Benjamin Quénelle
Publié aujourd’hui à 19h00, modifié à 19h27

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Chef de guerre isolé et reclus dans ses certitudes, le président russe, Vladimir Poutine, vit dans un bunker ambulant. Limousine blindée, escorte de véhicules bourrés d’armes, bureaux reproduits à l’identique dans ses résidences elles-mêmes transformées en abris clonés à travers le pays, systèmes de défense aérienne omniprésents, gardes du corps surarmés et soldats en tenue de camouflage : tel est l’environnement du chef du Kremlin qui, avant les élections législatives organisées du vendredi 18 au dimanche 20 septembre, a repris, durant l’été 2026, ses voyages à travers la Russie, après six mois sans presque aucun déplacement en région. Par peur des drones ukrainiens, une forteresse l’accompagne dans ses mouvements, en Russie et lors de ses rares voyages dans des « pays amis », comme l’Inde, où il s’est rendu, du 11 au 13 septembre, pour le sommet des BRICS.

Plus l’« opération militaire spéciale » en Ukraine s’embourbe, plus la sécurité de Vladimir Poutine, 73 ans, est devenue une obsession. Quatre ans et demi après le début de l’invasion du pays par la Russie, le 24 février 2022, l’enlisement de cette guerre sans fin devient une impasse pour le Kremlin et pourrait menacer d’en bousculer l’autorité. Les drones ukrainiens ne seraient pas le seul danger craint par Vladimir Poutine. « Ils vont me pendre », a-t-il confié à des proches, selon une source citée par l’hebdomadaire britannique The Economist, le 1er septembre. Sans préciser si l’ennemi redouté vient de l’extérieur ou de l’intérieur. « Une certitude : Poutine associe son sort à celui de la guerre en Ukraine. Il appréhende les conséquences sur sa vie en cas d’échec », prévient une politiste, spécialiste des élites poutiniennes et des rivalités entre clans. Jointe par messagerie sécurisée à Moscou, elle souhaite rester anonyme.

Un quart de siècle après l’arrivée de Vladimir Poutine à la tête de la Russie, les siloviki (membres des structures de sécurité, néologisme formé sur sila, la force) ont pris le pouvoir. Au sommet : le FSB, héritier du KGB. Parallèlement, le Kremlin a gonflé les effectifs de la garde présidentielle, le FSO : à quatre reprises depuis 2022, les oukases ont augmenté le nombre d’agents au siège central, passant à plus de 800 hommes, avec des opérateurs de drones, mais aussi des… goûteurs de repas présidentiel. Au total, cette garde est pléthorique : l’information est classifiée, mais ils seraient plus de 50 000.

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