Les Etats-Unis ont annoncé, lundi 28 septembre, des restrictions de visas contre des responsables de plusieurs pays d’Amérique latine accusés de corruption, notamment des magistrats et des fonctionnaires.
Cette nouvelle politique « impose des restrictions en matière de visas aux ressortissants étrangers – ainsi qu’aux membres de leur famille proche – qui sapent un gouvernement démocratiquement élu par le biais d’activités de corruption ou de trafic de drogue dans notre région », a affirmé le porte-parole du département d’Etat, Tommy Pigott, dans un communiqué.
« Le fait de saper un gouvernement démocratiquement élu constitue une menace pour la sécurité et l’Etat de droit dans les Amériques et ne sera pas toléré », a-t-il déclaré. Les mesures visent des juges, des fonctionnaires et des entrepreneurs en Bolivie, en Colombie, en Equateur et au Pérou.
Influence américaine croissante dans la région
Concernant la Bolivie, 21 personnes – dont plusieurs juges – voient leurs visas révoqués ou, s’ils ne sont pas en possession d’un tel document, sont interdits d’entrée aux Etats-Unis. Au Pérou, un juge de la Cour constitutionnelle est également sanctionné.
Le président bolivien de centre droit, Rodrigo Paz, avait placé le pays sous le régime de l’état d’exception, en juin, après plusieurs semaines de manifestations antigouvernementales. Le Parlement a prolongé, jeudi, ce dispositif de 90 jours, face au risque de nouveaux blocages.
Depuis son retour au pouvoir, le président américain, Donald Trump, s’efforce d’imposer l’hégémonie des Etats-Unis en Amérique latine et dans les Caraïbes, renforçant la lutte contre le trafic de drogue et les cartels.
Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, se fait le porte-parole de cette politique. Il s’est récemment rendu en Colombie, en Equateur et au Pérou, dans le sillage d’une vague conservatrice en Amérique latine ayant porté au pouvoir des dirigeants de droite proches de Donald Trump.
Dans le cadre de cette offensive, les Etats-Unis ont lancé le « Bouclier des Amériques », une coalition d’une quinzaine de pays alliés pour lutter contre le trafic de drogue dans la région. En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York, Donald Trump avait appelé, le 22 septembre, ces pays à imposer des sanctions contre vingt-quatre cartels qui sévissent sur le continent américain, que Washington désigne comme étant des « organisations terroristes étrangères ».