La désignation de Wilner Joseph comme candidat de VIKTWA à la présidence soulève une question embarrassante sur la conception de la représentativité politique en Haïti. Comment un candidat ayant recueilli moins de 900 voix, soit à peine 5 % des suffrages dans la course à la députation de la troisième circonscription de Port-au-Prince, peut-il désormais prétendre à la magistrature suprême ?
Certes, une primaire interne reste un mécanisme légitime pour choisir un candidat. Wilner Joseph a obtenu 39 des 43 suffrages exprimés par les composantes de VIKTWA. Mais cette victoire interne ne doit pas être confondue avec une véritable adhésion populaire. Elle traduit avant tout le choix des formations politiques membres du regroupement, et non celui de l’électorat haïtien.
Le contraste est saisissant , moins de 900 voix hier pour briguer un siège de député, la présidence de la République aujourd’hui. Entre ces deux ambitions, il manque surtout la démonstration d’une véritable implantation populaire.
Cette candidature illustre malheureusement une vieille dérive de la politique haïtienne : des appareils politiques peuvent propulser des personnalités vers les plus hautes fonctions sans que celles-ci aient préalablement convaincu une part significative de la population. La présidentielle ne devrait pas être une récompense de coalition, mais l’aboutissement d’une véritable légitimité citoyenne.
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