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Wooster appelle les Haïtiens à prendre leur destin en main : que sont devenues les révocations d’Alix Didier Fils-Aimé et d’Uder Antoine ?

Quand les Haïtiens reprendront-ils réellement leur destin en main, M. l’ambassadeur Wooster ? Le chargé d’affaires américain Henry Wooster, en fin de mission, a livré, jeudi, un message qui s’inscrit dans la tradition diplomatique des partenaires d’Haïti : « Il appartient aux Haïtien

Wooster appelle les Haïtiens à prendre leur destin en main : que sont devenues les révocations d’Alix Didier Fils-Aimé et d’Uder Antoine ?
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24 juillet 2026
Wooster appelle les Haïtiens à prendre leur destin en main : que sont devenues les révocations d’Alix Didier Fils-Aimé et d’Uder Antoine ?
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Wooster appelle les Haïtiens à prendre leur destin en main : que sont devenues les révocations d’Alix Didier Fils-Aimé et d’Uder Antoine ?

  • by Rezo Nodwes
  • 24 juillet 2026
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Quand les Haïtiens reprendront-ils réellement leur destin en main, M. l’ambassadeur Wooster ?

Le chargé d’affaires américain Henry Wooster, en fin de mission, a livré, jeudi, un message qui s’inscrit dans la tradition diplomatique des partenaires d’Haïti : « Il appartient aux Haïtiens de décider de leur avenir, de choisir leurs dirigeants. » La formule est juste. Elle rappelle le principe fondamental de la souveraineté populaire. Elle mérite d’être saluée. Mais une analyse ne peut s’arrêter à l’élégance de la formule. Elle doit également interroger les faits.

Car si le destin d’Haïti appartient véritablement aux Haïtiens, une première question s’impose. Les Haïtiens, à travers les institutions de la transition, n’avaient-ils pas déjà révoqué Alix Didier Fils-Aimé en novembre 2025 ? Si cette décision a existé, comment expliquer qu’il demeure encore à la Primature, au point de conduire aujourd’hui un processus visant à remplacer la Constitution de 1987, votée par des millions de nationalistes patriotes? De la même manière, Uder Antoine n’avait-il pas été écarté par le Conseil électoral provisoire ? Comment se retrouve-t-il toujours au cœur du dispositif électoral, participant aux décisions les plus déterminantes ? Ces interrogations dépassent les personnes. Elles touchent à la cohérence institutionnelle et à la crédibilité de la transition.

Une démocratie ressemble à un navire. Le peuple en est le propriétaire, mais encore faut-il qu’il puisse réellement tenir ferme la barre. Lorsque l’équipage change sans que le capitaine quitte le pont, lorsque des décisions de révocation semblent perdre leur portée au gré des rapports de force, la souveraineté cesse d’être une pratique pour devenir une déclaration d’intention. C’est précisément cette distance entre les principes et la réalité qui nourrit le scepticisme d’une partie de l’opinion publique.

Une autre interrogation mérite d’être posée avec la même retenue diplomatique. Depuis plusieurs années, les Haïtiens expriment, de manière constante, leur refus d’un référendum destiné à remplacer la Constitution de 1987. Sous Michel Martelly, sous Jovenel Moïse, puis durant la transition, cette opposition s’est manifestée à travers des partis politiques, des organisations de la société civile, des juristes et d’anciens responsables de l’État. Le Conseil présidentiel de transition lui-même avait laissé entendre que cette voie ne constituait plus une priorité. Pourquoi, dès lors, le référendum revient-il aujourd’hui au centre de l’agenda politique ? Si le peuple est véritablement appelé à décider de son avenir, pourquoi maintenir un processus dont la légitimité demeure si fortement contestée au regard de la Constitution en vigueur ?

Le symbole de la date choisie renforce encore ces interrogations. Le 16 décembre 2026 est présenté comme le moment où entrerait en vigueur un nouvel ordre constitutionnel, quelques jours après le référendum annoncé. Or le 16 décembre renvoie à une autre mémoire : celle du scrutin de 1990, première élection libre organisée après des décennies de dictature et la première consultation démocratique d’une telle ampleur depuis l’occupation américaine commencée le 28 juillet 1915. Pour beaucoup d’Haïtiens, cette date représente moins un simple repère du calendrier qu’un patrimoine démocratique. La voir associée à la disparition de la Constitution de 1987 nourrit un profond malaise.

Les diplomates rappellent souvent que les solutions durables ne peuvent venir que des Haïtiens eux-mêmes. Ce principe demeure valable. Mais il appelle une exigence tout aussi fondamentale : reconnaître les décisions déjà prises par les institutions haïtiennes, respecter les mécanismes constitutionnels et veiller à ce que la volonté populaire ne soit pas invoquée uniquement lorsqu’elle conforte une orientation déjà arrêtée.

La véritable question n’est donc peut-être pas de savoir quand les Haïtiens prendront leur destin en main. Ils ont tenté de le faire à plusieurs reprises, dans les urnes, dans les institutions et dans le débat public. La question est de savoir à quel moment leurs décisions seront pleinement respectées, y compris lorsqu’elles ne coïncident pas avec les trajectoires privilégiées par les acteurs de la transition ou par les partenaires internationaux. C’est sans doute à cette condition que la souveraineté cessera d’être une formule diplomatique pour redevenir une réalité politique.

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