Des affrontements entre les forces progouvernementales yéménites et les houthistes pro-iraniens, dans le sud-ouest du Yémen, ont fait plus de 140 morts entre samedi 5 septembre et dimanche 6 septembre au matin, ont fait part des sources au sein des deux camps à l’Agence France-Presse (AFP).
Dans le détail, deux responsables militaires des forces soutenues par l’Arabie saoudite ont fait état de 84 soldats morts dans leurs rangs, principalement dans des attaques à la roquette, tandis que 57 rebelles ont été tués sur la même période, selon quatre sources houthistes. Un responsable militaire du gouvernement réfugié à Aden a assuré à l’AFP que les combats avaient diminué d’intensité tôt dimanche matin.
Ce bilan porte à plus de 300 le nombre de morts depuis l’offensive lancée jeudi par les houthistes et visant à garder le contrôle de l’accès à la mer Rouge. Les affrontements, qui ont tué une majorité de combattants et quelques civils, sont les plus meurtriers depuis des années dans ce pays pauvre de la péninsule Arabique, dévasté par la guerre entre 2014 et 2022.
Cessez-le-feu volé en éclats en juillet
Les forces gouvernementales « ont réussi à établir des positions » à moins de 30 kilomètres à l’intérieur des terres à partir de la côte de la mer Rouge, a détaillé une source militaire gouvernementale, les houthistes ayant toutefois progressé, selon elle, à l’ouest de la ville de Taëz dans leur avancée en direction du détroit de Bab Al-Mandab. L’offensive terrestre des houthistes, appuyée par des tirs de roquettes et des attaques de drones, vise à s’emparer des zones bordant ce détroit pour consolider leur contrôle de cette voie maritime stratégique.
Le passage, qui permet de relier l’Asie à l’Europe via le canal de Suez, a gagné en importance depuis le début de la guerre au Moyen-Orient et le verrouillage par l’Iran du détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule.
En juillet, le Yémen a replongé dans la guerre, devenant le dernier pays en date à être entraîné dans le conflit régional déclenché par l’offensive américano-israélienne sur l’Iran à la fin de février. Des frappes attribuées à Riyad avaient alors visé l’aéroport de Sanaa, aux mains des houthistes, où l’Iran avait envoyé un avion transportant une délégation rebelle sans solliciter d’autorisation du royaume saoudien, qui contrôle l’espace aérien yéménite.
Les houthistes avaient alors annoncé un blocus maritime de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut et allié du gouvernement yéménite, et commencé à viser ses navires pétroliers et des infrastructures de son territoire, notamment une raffinerie.