Les forces saoudiennes ont lancé 26 frappes sur la capitale du Yémen, Sanaa, samedi 3 octobre, a rapporté un média lié aux houthistes, alors que la guerre civile ravivée dans le pays s’intensifie.
La chaîne Al-Masirah a déclaré que des « avions ennemis » du royaume d’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite, avaient pris pour cible la capitale, tenue par les houthistes, sans fournir de détails sur les victimes. Les forces saoudiennes ont frappé Sanaa pour la première fois depuis des années jeudi, selon les médias du groupe pro-iranien.
Dans la capitale yéménite, un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP) a entendu au moins cinq explosions dans différents secteurs, tandis qu’un autre a vu deux avions de chasse lancer des missiles sur la ville.
Les hostilités entre les houthistes et l’Arabie saoudite, frontalière du Yémen, ne connaissent pas de répit depuis leur reprise en juillet. Le royaume, qui soutient le gouvernement yéménite internationalement reconnu, est régulièrement visé par les combattants antigouvernementaux, alors que les tractations diplomatiques pour un règlement marquent le pas.
Incendie sur un site Aramco à Riyad
Après les frappes sur Sanaa, des flammes et de la fumée se sont élevées samedi d’une installation appartenant au géant pétrolier saoudien Aramco, au sud de la capitale du royaume, Riyad, a constaté un journaliste de l’AFP. Les houthistes n’ont jusque-là pas revendiqué d’attaque sur ce site, et les autorités saoudiennes n’ont pas communiqué dans l’immédiat sur l’incendie, dont les causes et les circonstances demeurent floues.
Après une offensive éclair en septembre, les houthistes se sont emparés du littoral sur la mer Rouge, renforçant leur emprise sur le détroit de Bab Al-Mandab. Ce détroit a gagné en importance depuis que la navigation dans le détroit d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule Arabique, connaît de fortes restrictions imposées par l’Iran fin février après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient.
La dernière offensive terrestre menée par les houthistes a fait des centaines de morts et aggrave la crise humanitaire que traverse le pays. La crise de la faim au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule Arabique, menace de devenir « absolument dévastatrice », a averti vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU.