Sur la une du Guardian, jeudi 25 juin, une carte de l’Europe allant de l’orange brûlé au rouge brique. Tout un continent qui cuit sous un dôme de chaleur dont l’intensité s’annonce sans précédent. “Est-ce là la nouvelle normalité ?” s’interroge le quotidien britannique, qui souligne qu’“une vague de chaleur affectant plus de 90 millions de personnes balaye de vastes régions d’Europe de l’Ouest”. À travers l’ensemble du continent, ce sont même 350 millions de personnes, les deux tiers de la population, qui sont exposées à des températures dépassant 30 °C.

À lire aussi : Vu de Belgique. À Paris, sauve-qui-peut contre la fournaise

Mercredi, poursuit le journal, le Royaume-Uni a enregistré la journée de juin la plus chaude de tous les temps, et la France a connu sa journée la plus chaude jamais enregistrée, pour la deuxième journée d’affilée”. Météo France a notamment annoncé que son indicateur thermique, une moyenne des températures sur vingt-quatre heures mesurées dans 30 stations à travers le pays, avait établi un nouveau record, de 30 °C.

“Le précédent, de 29,4 °C, avait été enregistré durant les canicules d’août 2003 et juillet 2019.”

Devant ces envolées du mercure, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé une mise en garde, avertissant que ces températures extrêmes “mettent des vies en danger”. Les dizaines de noyades et de morts d’enfants et de personnes âgées en France “rappellent cruellement la menace que représente la chaleur extrême pour la vie humaine – et le fait que certaines personnes sont plus exposées que d’autres”, écrit le Guardian dans un éditorial intitulé “Alors que les risques s’intensifient, les plans d’adaptation accusent un retard inquiétant”.

Au Royaume-Uni, notamment. Un rapport sur l’adaptation, publié le mois dernier par le Comité britannique sur le changement climatique, “souligne la nécessité de passer des intentions aux actes” et formule des recommandations pour ce faire. Parmi elles, “il propose de donner la priorité à la climatisation dans les maisons de retraite, les hôpitaux et les écoles”. Grâce aux panneaux solaires, cette mesure pourrait être mise en œuvre sans entraîner une hausse des émissions de CO2, assure le Guardian.

À lire aussi : Entretien. Canicule en France : “Je ne m’attendais ni à une telle chaleur ni à l’impréparation générale”

Par ailleurs, selon ce rapport, toutes les nouvelles infrastructures “doivent être conçues pour résister à un réchauffement de 3 à 4 °C”. Une réflexion sur des changements du système alimentaire ou sur une meilleure gestion des inondations doit être entreprise. Ce sera au prochain Premier ministre, Andy Burnham, de donner son feu vert à ce plan, estimé à 11 milliards de livres sterling (près de 13 milliards d’euros) de dépenses annuelles, écrit le Guardian. “Alors que l’année prochaine s’annonce comme la plus chaude jamais enregistrée, notamment en raison du phénomène climatique El Niño, un plan d’adaptation ambitieux – à mettre en œuvre en parallèle de la transition écologique – est plus que jamais indispensable.”