Sans ce forage, nous ne pourrions pas vivre.” À Kalaban Coura, un quartier de Bamako qui concentre près de 140 000 habitants, “l’eau du robinet ne vient presque jamais”, témoigne Fatoumata, rencontrée par le site Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (Cenozo).

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Il est 8 heures, et comme de nombreux habitants du quartier – essentiellement des femmes –, elle fait la queue avec sa fille et leurs bidons jaunes de 25 litres. “À notre époque aussi, nous cherchions l’eau jusqu’à en ressentir la fatigue dans notre corps”, commente une vieille dame accompagnée de sa belle-fille, illustrant la persistance de cette corvée.

À défaut de distribution d’eau potable ou de réseau fonctionnel, de nombreux Bamakois recourent aux forages privés et payants, ainsi qu’aux marchands d’eau ambulants et aux puits.

Des pratiques qui font mentir les chiffres officiels, cités par Cenozo : “Selon les données de la Direction nationale de l’hydraulique (DNH), dans la capitale malienne, 83 % de la population a accès à l’eau potable, et 75,4 % a accès à une source améliorée (robinets, forages…). Mais seuls 15 % des ménages disposent d’eau courante à domicile. Mais derrière ces pourcentages, la réalité est plus nuancée : les quartiers centraux se rapprochent des objectifs fixés par les autorités, tandis que les périphéries restent en marge.”

Le quartier d’affaires épargné

C’est ce contraste au sein de la capitale malienne qu’illustre ce média. Comme à Kalaban Coura, des files d’attente se forment près des forages de Badalabougou, quartier des universités, où, “autrefois, l’eau du robinet venait normalement, et rarement il y avait des coupures. Maintenant il y en a souvent de 7 heures jusqu’à 21 heures”, témoigne une résidente.

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À Sénou, quartier de 200 000 habitants qui donne son nom à l’aéroport international, “le tarissement annuel des puits entre avril et mai fait des forages l’unique ressource disponible pour les familles durant cette période”, note encore Cenozo.

En revanche, dans le quartier d’affaires et résidentiel de Hamdallaye, “les robinets coulent avec une relative régularité, et les factures sont régulièrement payées. Les coupures, lorsqu’elles surviennent en période de canicule, restent brèves”, poursuit le média, dévoilant “une fracture urbaine profonde”.

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Entre “mauvaise répartition des infrastructures”, “gestion institutionnelle fragmentée” et “volonté politique insuffisante”, cet inégal accès à l’eau potable s’explique aussi par “la valse des ministres à la tête du département de l’Énergie et de l’Eau”. Autant de facteurs qui “enferment les zones périphériques de Bamako dans un état de privation d’eau chronique”.