Les bureaux de vote ont ouvert en Russie, vendredi 18 septembre, donnant le coup d’envoi de législatives qui se tiendront sur trois jours, “les premières organisées (dans le pays) depuis son invasion à grande échelle de l’Ukraine, il y a plus de quatre ans”, souligne The Independent.

Cet appel aux urnes intervient “alors que la cote de popularité de Vladimir Poutine s’effondre, que le nombre de victimes sur le front ne cesse d’augmenter et que les gains territoriaux restent minimes dans ce conflit qui s’éternise”. Mais le parti Russie unie de Vladimir Poutine “devrait conserver sa majorité” à la Douma d’État, qui compte 450 membres, anticipe le média britannique, notant que le système électoral du pays “est étroitement contrôlé”.

Les résultats “sont courus d’avance”, prévient pour sa part clairement le New York Times. “Les Russes n’ont peut-être guère de raisons de s’intéresser à ces élections législatives mises en scène”, explique le journal américain. Organisées en pleine guerre en Ukraine, celles-ci “ne leur offriront guère de moyen officiel d’exprimer leur mécontentement face aux répercussions croissantes d’un conflit dont on ne voit pas la fin”. Le Kremlin a en effet “orchestré ce scrutin de façon à le rendre véritablement soporifique, même selon les normes russes, […] le seul parti anti-guerre, Iabloko, en ayant été exclu” par la justice, au mois d’août.

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“De nombreux électeurs potentiels sont de plus en plus sceptiques quant à l’idée même de se rendre dans un bureau de vote ou d’utiliser le système de vote électronique à distance, puisque les résultats seront de toute façon ‘truqués’”, écrit de son côté le site russe en exil Meduza.

Rumeurs de mobilisation massive

La Deutsche Welle décrit un climat “d’inquiétude et de lassitude” en Russie face à la guerre, alimenté par les pénuries de carburant, les frappes de drones et les rumeurs de mobilisation.

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“Les rumeurs d’une mobilisation massive et forcée vont bon train alors que l’armée russe épuise ses effectifs. L’économie est mise à rude épreuve par des dépenses de guerre galopantes. Les frappes ukrainiennes sur les raffineries de pétrole ont contraint des millions de personnes à faire la queue pendant des heures pour s’approvisionner en essence”, énumère également le New York Times.

Si le journal américain ne s’attend pas à un résultat surprise, “ce qui va suivre pourrait bien l’être”, met-il en garde. “Le Kremlin considère les élections comme un moyen de légitimer ses politiques, et de nombreux Russes se préparent à ce que le gouvernement pourrait entreprendre sur les plans militaire, économique et politique après le scrutin”.

Les progrès limités sur le champ de bataille pourraient conduire à une nouvelle mobilisation après les élections, convient The Independent. “L’armée russe continue d’enregistrer environ 30 000 pertes par mois”, explique John Lough, responsable de la politique étrangère au New Eurasian Strategies Centre et premier représentant permanent de l’Otan à Moscou, au site d’information. “Elle peut recruter le même nombre de soldats, mais cela ne suffit pas pour relever les soldats qui servent depuis un an ou plus. Cela crée une pression pour envisager une nouvelle mobilisation.”

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Les élections russes réserveront peu de surprises, abonde la BBC, “mais elles revêtent une importance capitale pour le Kremlin”, qui “compte s’en servir pour affirmer que la majorité des Russes soutiennent le président et la guerre”.