Les décennies passent et la Serbie semble ne jamais se lasser de donner l’impression qu’elle vit dans un monde parallèle. Le pays a encore vécu, lundi 7 septembre, l’un des plus vastes rassemblements fascistes et révisionnistes depuis les conflits qui ont embrasé l’ex-Yougoslavie (1991-2001), à l’occasion des obsèques à Belgrade du général Ratko Mladic, le commandant de l’armée serbe en Bosnie-Herzégovine, condamné par la justice internationale pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, et mort le 27 août dans la prison de l’ONU à La Haye.
De l’église Sveto apostol Luka (Saint-Luc apôtre) au cimetière de Topcider ont défilé des milliers de vétérans de guerre, des bandes d’ultranationalistes allant des hooligans aux motards, mais aussi une foule ordinaire, mêlant des vieux ayant connu la Yougoslavie à de jeunes Serbes ne voulant pas croire un mot de la nature du carnage d’il y a trois décennies, ni des responsabilités écrasantes de la Serbie et de ses chefs militaires.
La banderole d’accueil donnait le ton : « Bienvenue, général, merci à ta mère d’avoir mis au monde un héros, afin que la gloire de la Grande Serbie revienne. » La « Grande Serbie », encore et toujours. La « Grande Serbie », soit le projet de bâtir un Etat « ethniquement pur » sur les ruines de la Yougoslavie.
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