Cette fois, c’est fini. La fièvre a disparu. Fnideq est redevenue une cité balnéaire banale. Samedi 1er août, il n’y a plus une trace de la crise migratoire sans précédent qui a secoué ces derniers jours cette ville marocaine collée à l’enclave espagnole de Ceuta, l’une des deux seules frontières terrestres entre l’Union européenne et le continent africain.
Enfin, presque. Des policiers, partout. Le long de la corniche, sur les buttes couleur terre cuite qui surplombent la Méditerranée, sur la mer et tout au long de la route menant vers le poste-frontière. Tout est si calme. Difficile d’imaginer qu’entre jeudi 30 et vendredi 31 juillet, quelque 50 000 personnes, selon le ministère espagnol de l’Intérieur, se sont subitement ruées vers ce bout d’Europe, souvent à la nage.
Mais dès le vendredi, ce mouvement inédit s’est inversé : la plupart ont fait marche arrière, épuisés par des jours d’errance, le manque de sommeil et le ventre vide. A Ceuta, ils disent n’avoir trouvé que des militaires, des policiers, des rideaux de boutiques abaissés et des commerçants qui refusaient de les servir. La désillusion les a poussés à faire demi-tour.
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