La lutte contre le crime telle que la mène Nayib Bukele au Salvador est saluée par plusieurs candidats à la présidence de la République, comme si la politique de sécurité de ce petit pays d’Amérique centrale pouvait être un modèle pour le Brésil. Ce n’est pas le cas, et il est assez facile d’expliquer pourquoi.

D’abord, le modèle salvadorien repose sur la suppression des droits et des garanties constitutionnelles du citoyen. Il est donc l’antithèse de la Constitution de 1988 et n’est par conséquent pas transposable au Brésil. Des sources fiables font état de graves abus au Salvador : arrestations arbitraires, parfois sans mandat de justice, restriction des droits de la défense, suspension de l’habeas corpus, exécutions sommaires, y compris par les forces de l’ordre, surpopulation carcérale, disparitions de “suspects” et autres violations des droits de l’homme.

Par ailleurs, le Salvador est un pays douze fois plus petit que le seul État de São Paulo, et sa population compte seulement 6,4 millions d’habitants, soit moins que le seul État brésilien du Maranhão. Pour le dire simplement : la réalité brésilienne est infiniment plus complexe que celle du Salvador.

La peur est un formidable moteur électoral

Malgré tout, Flávio Bolsonaro (Parti libéral), qui rencontrait [le 30 août] le m