Quelle est cette vedette qui, à Paris, attire plusieurs centaines de personnes en ce matin du 15 septembre ? « On attend le pape », plaisante quelqu’un dans la queue. « Un héros », « un semi-dieu », « un maestro », « une grande figure »… renchérissent d’autres. « Le plus grand mathématicien vivant », clarifie une professeure venue d’Italie à l’Institut Henri-Poincaré pour assister à l’événement : un colloque en l’honneur de Jean-Pierre Serre, qui fête ce jour-là exactement ses 100 ans. La conférence, qui a rassemblé plus de 300 participants entassés dans quatre amphithéâtres du campus, et jusqu’à 500 en ligne, a été baptisée « Serre 100 ».
Tout ce beau monde (médaillés, académiciens, jeunes chercheurs, professeurs…) vient saluer ce record de longévité mais aussi de nombreuses performances en matière de précocité. Jean-Pierre Serre est toujours le plus jeune médaillé Fields, une récompense qui salue des travaux effectués avant 40 ans et qu’il obtint, en 1954, à même pas 28 ans. Deux ans plus tard, il fut aussi le plus jeune professeur recruté au Collège de France, qu’il ne quittera qu’en 1994, à sa retraite ; record à battre également. Il est enfin le premier à avoir reçu le prix Abel en 2003, une distinction créée pour compenser l’absence de Nobel en mathématiques. Une petite « faiblesse » cependant : la médaille d’or du CNRS, acquise « tard », à 61 ans.
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