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Kerry James Marshall et ses (très grandes) histoires

Après avoir triomphé à Londres puis à Zurich, “The Histories”, première grande exposition en Europe du peintre américain Kerry James Marshall, arrive à Paris vendredi 18 septembre. Les critiques d’art anglo-saxons sont dithyrambiques.

Kerry James Marshall et ses (très grandes) histoires
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Art. Kerry James Marshall et ses (très grandes) histoires

À ceux qui croyaient les gigantesques toiles de peinture figurative disparues avec Géricault, Delacroix et consorts, détrompez-vous.

Actif depuis les années 1980, le peintre américain Kerry James Marshall a voué sa carrière à produire “une œuvre arborescente en réaction à la pénurie de personnes noires maîtresses d’elles-mêmes dans les annales de l’histoire de l’art et dans nos musées”, note The Washington Post, le quotidien de la capitale américaine.

Kerry James Marshall, The Academy, 2012.

L’exposition qui lui est consacrée, intitulée “The Histories”, a voyagé à Londres et à Zurich et arrive le 18 septembre au musée d’Art moderne de Paris.

Au total, 70 œuvres, dont 8 peintures réalisées spécialement pour l’occasion, seront visibles. Ce qui constitue la plus grande exposition jamais organisée en Europe autour de son travail.

Kerry James Marshall, Better Homes, Better Gardens, 1994.

Kerry James Marshall, De Style, 1993.

“Si nous allonsdans les muséeset les galeries d’art,c’est pour voirdes choses remarquableset y réfléchir.Je veille à ce quecertaines de ces chosesremarquables soientrésolument tournéesvers la représentationdes personnes noires.”

Kerry James Marshall dans le catalogue d’expositionde “The Histories”, cité par le quotidien américainThe New York Times

Kerry James Marshall, Voyager, 1992.

Pour représenter la communauté noire dans toute sa diversité, l’artiste de 70 ans s’attache à peindre uniquement des personnages noirs dans des scènes de la vie courante : un salon de coiffure, un parc, une chambre, une boîte de nuit…

Mais il ne s’arrête pas là. Et glisse à chaque fois des références à de grands classiques de l’histoire de l’art.

Kerry James Marshall, Past Times, 1997.

Kerry James Marshall, Untitled (Studio), 2014.

C’est notamment le cas pour School of Beauty, School of Culture, peint en 2012.

Ce tableau de 2 mètres de long sur 4 mètres de large est unanimement plébiscité par la critique. À tel point que le site de la BBC y consacre un article entier titré Au-delà des apparences : sens cachés d’un chef-d’œuvre des États-Unis”, le Washington Post le décrivant omme “un chef-d’œuvre du XXIe siècle”.

Dans cette toile, Kerry James Marshall fait référence au tableau Les Ambassadeurs (1533) de Hans Holbein le Jeune.

Kerry James Marshall, School of Beauty, School of Culture, 2012.

Peintre particulièrement technique, Kerry James Marshall aborde aussi des thèmes frappants comme l’esclavagisme aux États-Unis ou les mouvements sociaux.

“The Histories”, qui retrace quatre décennies d’un travail aussi spectaculaire qu’unique, a impressionné les critiques d’art du monde entier. Le quotidien britannique The Guardian ne fait pas exception à la règle, qui conclut : “La peinture de Kerry James Marshall est tout aussi indispensable qu’incontournable.”

Lucille Souron

Infos pratiques

L’exposition “The Histories” de Kerry James Marshall est à voir au musée d’Art moderne de Paris, du 18 septembre au 24 janvier 2027.

Plus d’informations à cette adresse.

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