La deuxième ville de Colombie, Medellín “s’est réveillée le 1er octobre avec une bonne nouvelle”, raconte El País. Pour l’ensemble du mois de septembre, celle dont le nom a longtemps été synonyme de drogue et de violence, a enregistré le chiffre le plus bas d’homicides depuis 50 ans. Seulement cinq meurtres, soit 22 de moins qu’en septembre de l’année dernière.
“Si cette tendance se poursuit, le taux d’homicides pourrait chuter à 9,24 pour 100 000 habitants d’ici la fin de l’année, soit un taux inférieur à ceux enregistrés l’an dernier à Bogotá (14), Philadelphie (14,1) ou encore Chicago (14,6) ”, indique le journal espagnol qui salue “un revirement remarquable pour une ville autrefois considérée comme la plus violente du monde”.
Programmes sociaux
Federico Gutiérrez, le maire, se félicite de ces bons résultats qu’il attribue à sa politique sécuritaire de fermeté, “un travail coordonné de la police, du parquet et de l’armée”, dans la droite ligne du président d’extrême droite Abelardo de la Espriella.
Si l’édile souhaite reprendre à son compte la baisse du taux d’homicides, celle-ci s’explique aussi par d’autres facteurs, qui, eux, ne lui sont pas attribuables. Comme “les investissements sociaux dans les quartiers les plus marginalisés de la ville, où les gangs recrutent des jeunes”, explique El País. Dans cette ville située au milieu des montagnes et construite à flancs de différentes collines, l’isolement des quartiers pauvres était un facteur d’entrée dans la violence et le crime organisé. L’installation de téléphériques et d’escaliers mécaniques a joué un rôle positif pour l’insertion dans l’économie formelle.
En outre, un programme dédié à la petite enfance a vu le jour en 2013 ; et depuis 2018, un programme à destination des jeunes fondé sur des thérapies cognitives et comportementales pour la gestion de la violence a été mis en place à large échelle. Reste, et El País ne se voile pas la face, une explication moins optimiste : les gangs pourraient avoir conclu momentanément une trêve.
Buenos Aires s’inspire de Medellín pour changer de regard sur le bidonville
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