Alors que Cuba s’enfonce dans une terrible crise, faite d’interminables coupures d’électricité et d’eau courante, de pénuries d’aliments, de carburants et de médicaments, à Miami, de riches Cubano-Américains préparent déjà l’après-castrisme. Dans un long reportage, The Wall Street Journal offre une plongée dans cette communauté prête à investir des milliards de dollars dans la reconstruction de l’île et à organiser, conseillée par des cabinets d’avocats, le gouvernement de transition qui devrait suivre la chute du régime communiste.

Certains de ses membres ont un accès direct à l’administration Trump, désireuse de trouver “des idées, un soutien politique et des capitaux privés”, et notamment au secrétaire d’État, Marco Rubio, fils d’immigrants cubains qui a promis de mettre fin au castrisme.

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Marcell Felipe, le président du Musée américain de la diaspora cubaine, résume : “C’est notre moment ‘mur de Berlin’.”

Ces dix derniers mois, pour accélérer la fin du régime, le gouvernement américain a imposé un blocus pétrolier à l’île, renforcé les sanctions ou encore organisé une réunion entre les autorités cubaines et le directeur de la CIA à La Havane. Rubio a même entamé des pourparlers avec l’un des petits-fils de Raúl Castro pour négocier une transition en douceur. Sans succès.

Bourse cubaine et centrales électriques flottantes

La guerre en Iran a finalement bouleversé l’ordre des priorités de Trump, qui a laissé entendre, le 22 septembre, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies, qu’il reprendra le dossier de ce “pays en faillite”, sur le point de “tomber, une fois réglée la crise au Moyen-Orient.

Mais à Miami, l’impatience semble grande. Certains élaborent “des plans pour une Bourse cubaine et un sommet sur l’investissement à La Havane”, raconte le journal américain. D’autres “mettent en place un gouvernement provisoire, recrutent des ingénieurs pour étudier les centrales électriques flottantes et définissent des stratégies pour la réparation des infrastructures délabrées de l’île”.

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Jorge Mas, le milliardaire copropriétaire du club de football Inter Miami et président de la Fondation nationale cubano-américaine, aurait dit à Trump qu’“il serait très facile pour ses riches amis et associés cubano-américains de réunir les 90 milliards de dollars [environ 80 milliards d’euros] qu’il estime nécessaires pour redresser le pays au cours des trois premières années de transition”.

Beaucoup de ceux qui organisent ces réunions ont quitté l’île à la suite de la révolution de 1959. Et leurs enfants ont été élevés “dans l’espoir qu’ils récupéreraient un jour les propriétés et les entreprises saisies par Fidel Castro”, ajoute le Wall Street Journal, qui souligne que la voix du peuple cubain est, elle, “largement absente des débats sur l’avenir du pays”.