Adam Steinman vit à Los Angeles. Comme beaucoup de Nord-Américains, il arbore souvent une casquette. De base-ball, en l’occurrence. Ce Montréalais devrait donc passer inaperçu ; c’est tout l’inverse. Il raconte son expérience dans les pages du Globe and Mail.
Il ne s’attendait pas à ce que son couvre-chef l’identifie immédiatement auprès de ces concitoyens expatriés… Mais que porte-t-il ? Une casquette des Expos. Ce nom n’évoque peut-être pas grand-chose pour vous si vous n’êtes pas un mordu de base-ball, mais les Expos sont une équipe canadienne mythique. Les Expos doivent leur nom à l’Exposition universelle de 1967, qui s’est tenue à Montréal deux ans avant la création du club. Les Expos ont joué leur dernier match au Canada en 2004, avant de déménager à Washington l’année suivante.
Et dans le Los Angeles de 2026, “la casquette des Expos est une invitation. Un brise-glace qui permet d’éviter les banalités et reste gravé dans les mémoires”, écrit Adam Steinman, qui se souvient du changement de comportement d’un serveur dans un restaurant italien à la vue de sa casquette :
“Soudain, je ne suis plus juste un type qui engloutit des pâtes à la carbonara, je suis de la famille. Un paisan [‘compatriote’, en italien], dira-t-il. Comme si nous avions débarqué du même bateau au Vieux-Port, même si la seule chose que nous partageons vraiment, c’est une éducation montréalaise et cette compréhension tacite du bisou sur les deux joues, des Tam-Tams, de Leonard Cohen et de Mitsou, du festival Juste pour rire et de DiSalvio’s.”
Ce “signe de reconnaissance secret”, qui “confère un statut exclusif”, produit un effet similaire sur un agent de sécurité dans un quartier malfamé, aussi bien que sur les humoristes canadiens Howie Mandel et Kevin McDonald, croisés par hasard aux États-Unis.
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Au-delà de l’anecdote, cette casquette rappelle à Adam Steinman que “l’identité n’est pas quelque chose qu’on abandonne en franchissant une frontière, en troquant les tempêtes de verglas contre les tremblements de terre. C’est quelque chose qu’on porte toute sa vie, en attendant que la bonne personne le remarque.”
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