L’accord-cadre entre Washington et Téhéran, qui doit être signé vendredi 19 juin, ne suscite pas un franc enthousiasme dans la presse du Golfe. De nombreux journaux, notamment à Oman, n’y consacrent même pas leur une.
Certes, globalement, les “pays du Moyen-Orient se félicitent” de l’entente trouvée, explique le site américain Al-Monitor. Mais “certains pays adoptent un ton plus prudent”, notamment les Émirats arabes unis, qui insistent sur la nécessité de poursuivre les négociations pour “atteindre des résultats durables”.
Loin d’y voir la fin de la guerre, le quotidien émirati The National estime simplement que l’accord “prépare le terrain pour des pourparlers afin de mettre un terme au conflit”. “Le monde attend la signature… et s’interroge sur l’application”, titre à la une le grand quotidien saoudien Asharq Al-Awsat.
Ce protocole ne constitue pas une fin “claire” et “politiquement tranchée” de la guerre, mais plutôt “une trêve fragile et hétéroclite”, estime l’un des éditorialistes du même journal.
La crainte d’être marginalisé
C’est le quotidien The Times of Israel qui exprime le plus clairement le sentiment ambivalent des pétromonarchies arabes, qui craindraient d’être “laissées pour compte par l’accord” irano-américain, et seraient même “exposées à ce qui s’apparente à du chantage à la fois par l’Iran et par les États-Unis”.
“Après avoir fait les frais des attaques iraniennes dans une guerre qu’elles n’ont pas voulue”, elles doivent maintenant faire l’amer constat que cet accord passe sous silence “leurs principales préoccupations” en matière de sécurité.
En effet, “pressé ce dimanche [14 juin] de dire s’il avait obtenu l’assentiment des pays du Golfe, y compris des alliés des États-Unis tels que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis” avant de s’accorder avec l’Iran, le président américain, Donald Trump, “n’a pas directement répondu”, rapportait The New York Times.
Au lieu de quoi, il a évoqué la possibilité de transformer la protection militaire américaine de la péninsule Arabique en “force mercenaire”, ajoute le journal. Autrement dit, de la monnayer auprès des riches monarques du Golfe.
Mais même si ces pays sont désormais “confrontés à des questions sur le fait de dépendre des États-Unis” pour leur sécurité, ils “poussent un ouf de soulagement […] qu’il y ait un retour d’un certain degré de normalité” dans la région, remarque malgré tout le même New York Times, au lendemain de l’annonce de l’accord.
Doha, notamment, revendique une part du mérite diplomatique, aux côtés du médiateur principal qu’est le Pakistan. “Le Qatar gagne des lauriers pour son rôle dans la percée américano-iranienne”, titre le Qatar Tribune.
L’accord Washington-Téhéran est une “capitulation devant le régime iranien”
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