“Pourquoi les jeunes qui sont ambitieux émigrent-ils ?” C’est la question que pose Die Welt, s’appuyant sur une étude montrant que 21 % des 14-29 ans envisagent de quitter le pays et n’ont plus confiance en l’avenir, surtout avec “les débats sur les retraites, le retour du service militaire obligatoire, la dégradation des perspectives d’emploi et des loyers exorbitants”. Face à cette situation, les jeunes Allemands se retrouvent devant une alternative. “D’un côté, beaucoup quittent le pays et émigrent. De l’autre, un groupe est plus que jamais désireux de servir l’État, pour qui devenir fonctionnaire représente le bonheur suprême”, explique le quotidien.
Face à un manque de perspectives et alors que, pour la première fois, ils pensent qu’ils n’auront pas un avenir meilleur que leurs aînés, les jeunes cherchent la sécurité matérielle avant tout. “Les cotisations sociales élevées, les infrastructures vétustes et le déclin de la vie culturelle ont contribué à rendre le pays de moins en moins séduisant. Ceux qui peuvent espérer un héritage peuvent s’estimer chanceux.” L’expatriation est une option sérieuse pour plus de 41 % des 14-29 ans. C’est la première fois que cette proportion est aussi élevée. D’ailleurs, beaucoup d’Allemands vivent déjà à l’étranger (principalement en Suisse, aux États-Unis et en Autriche) et, plus qualifiés et plus aisés, ils se disent généralement plus heureux que leurs compatriotes restés au pays.
La perte pour l’Allemagne d’une génération de jeunes diplômés pourrait représenter un problème, car “cette génération perdue n’attend plus rien de cet État ni de ce pays, et en retour, elle n’est plus disposée à lui offrir quoi que ce soit”. Face à l’avancée possible de l’âge de la retraite à 70 ans, elle ne manifeste même pas, ayant déjà les yeux rivés vers ailleurs, à moins qu’il ne s’agisse de devenir fonctionnaire pour profiter d’un ultime havre de sécurité.
Pour Die Welt, le phénomène ne se limite pas à l’Allemagne et concerne d’autres démocraties occidentales. Le Royaume-Uni et les États-Unis observent des mouvements similaires. On y parle de “gérontocratie” et on y constate un ressentiment croissant entre générations. Or “le contrat social entre les générations ne repose pas sur des clauses légales ni sur des taux de cotisation. Il repose sur la confiance.” Sans cette confiance, le système de répartition ne peut pas tenir.
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