Mille pieds au-dessus des vagues crêtées d’écume de l’océan Atlantique, le Dauphin file à toute allure vers le sud-ouest. Quelques instants plus tôt, ce jeudi de fin novembre 2025, l’hélicoptère Sud-Aviation SA-365 a décollé dans un vacarme assourdissant du pont d’envol du Tonnerre, l’un des trois porte-hélicoptères amphibies – 200 mètres de long pour environ 20 000 tonnes d’acier – de la classe Mistral de la marine nationale française, naviguant à mi-chemin entre l’archipel du Cap-Vert et le littoral de la Mauritanie.
Dans la cabine, les quatre aviateurs ont pour mission de scruter les autres navires qui croisent dans cette région du monde aux confluences des routes commerciales reliant l’Amérique latine, l’Afrique de l’Ouest et l’Europe, connue comme un haut lieu du trafic de drogue. Sur leurs écrans, d’innombrables signaux lumineux leur permettent de garder un œil sur leur environnement.
« J’ai un AIS à 185 [degrés] à 30 miles nautiques », observe soudain la maître Camille (à l’exception des titulaires d’un commandement, les militaires ne sont autorisés qu’à donner leur grade et leur prénom), assise juste derrière le pilote. Comprendre : le système d’identification automatique d’un navire vient d’indiquer sa position à environ 55 kilomètres plus au sud. « On va aller voir », lui répond le lieutenant de vaisseau Adrien.
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